TROISIÈME ÉPOQUE. 199
produits dont l’Allemagne fournit les matériaux que l'étranger ex-ploite (t). »
Ces paroles n’étaient pas seulement émises par l'instinct du pa-triotisme ; elles agitaient la question de l’avenir de l’industrie.
L’histoire ne nous montre qu’à de rares intervalles des hommesaussi éclairés, et surtout aussi probes et aussi honnêtes que f.Iauber.
« Je gémis, dit-il, de l’ignorance de nos contemporains et del’ingratitude des hommes. Je sais bien que mes travaux seront ap-préciés différemment par les uns et par les autres, et que j’auraistout aussi bien fait de garder mes découvertes pour moi. Mais je memoque des jugements des hommes ; c’est comme un vent qui soufflesur moi sans me renverser. Si Jésus-Christ vivait aujourd'hui, etqu'il fit les miracles qu’il a faits, on le brûlerait, comme on l’acrucifié il y a seize siècles. I.es hommes sont toujours les mêmes,envieux, méchants et ingrats. Quant à moi, fidèle à la devise Ora etlabora, je remplis ma carrière en honnête homme; je fais ce queje puis, et j’attendrai la récompense que ce monde périssable nepeut me ravir. »
Jeax Kl’NCKEL de Loewe.nstern.
[.a méthode expérimentalé de Bacon , si bien mise en pratiquepar Bovle, fut bientôt universellement adoptée.
Kunckel est un de ceux qui se sont le plus opposés à la faussedirection suivie par les anciens chimistes; il demande, avant tout,des faits, sauf à laisser à d’autres le soin de faire des théories. Lascience lui est redevable d’une partie de ses progrès au xvii* siècle.
Kunckel était fils d’un chimiste de Holstein , et né vers 1612. Onne sait rien sur les premières années de sa jeunesse. Il nous ap-prend lui-même que, dès sa vingt-quatrième année, il s’était cons-tamment occupé de chimie. Peu satisfait des procédés obscursdes alchimistes, il se mit à l’œuvre, en prenant pour guide l'ex-périence. 11 obtint, par la suite, un emploi de chimiste et de
(l) Opéra minerai., P. III.