Band 
Tome deuxieme.
Seite
203
JPEG-Download
 

TROISIÈME ÉFOQCE.

203

porté avec moi un de ces têts luisants ( einen solchen leuchlen-den Scherben), pour le montrer à un de nies amis. Celui-ci, sansparaître étonné, me dit : Il y a dans notre ville un homme quise nomme le docteur Brand ; c'est un négociant ruiné qui, selivrant à l’étude delà médecine, a dernièrement découvert quel-que chose qui luit constamment dans l’obscurité. 11 me lit faireconnaissance avec Brand. Comme celui-ci venait de donner à unde ses amis la petite quantité de phosphore qu’il avait préparée,il fallait me rendre chez cet ami pour voir le corps luisant ré-cemment découvert. Mais plus je me montrais curieux d'en con-naître la préparation , plus ces hommes se tenaient sur la réserve.Dans cet intervalle, j’envoyai à M. Krafft, à Dresde , une lettre parlaquelle je lui fis part de toutes ces nouvelles. Krafft, sans me ré-pondre, se met aussitôt en route, arrive à Hambourg , et, sans queje me doute seulement de sa présence dans cette ville, il achète lesecret de la préparation du phosphore pour 200 limiers (environ800 francs), et à la condition de 11e point me le dire à moi. Je me pré-sentai un jour chez Brand, précisément au moment où il était enconférence avec Krafft. Brand sortit de sa chambre et s'excusa dece qu'il ne pouvait pas me recevoir, alléguant que sa femme étaitmalade, et qu'il y avait encore une autre personne chez lui. D’ail-leurs il me serait, ajouta-t-il, impossible devons apprendre monprocédé ; car ayant depuis essayé plusieurs fois, je n'ai plus réussi.11 fallut donc, bon gré mal gré, me préparer à quitter Hambourg sans avoir rien obtenu.

« Avant mon départ, je rencontre par hasard M. Krafft, auquelje raconte naïvement tout ce qui m’était arrivé. Celui-ci m’assuraque je n'obtiendrais jamais rien de M. Brand, qui est, me dit-il ^un homme très-entêté. Je 11e savais pas alors que Brand s’était déjàengagé envers Krafft, par un serment, à n’apprendre son procédéà personne. Je partis donc comme j'étais v enu.

« De AYittemberg j’écrivis à Brand, en le priant itérativement deme faire connaître son secret. Mais il me répondit qu’il ne pouvaitplus le retrouver. Je lui écrivis encore une fois, en insistant denouveau. 11 me répondit alors qu’il avait, par l'inspiration divine,retrouvé son art ; mais qu'il lui était impossible de me le communi-quer. Enfin, je lui adressai une dernière lettre dans laquelle je luiapprenais que j'allais moi-même, de mon côté, me livrer à des re-cherches assidues, et que, si j’arrivais à mon but, je ne lui en au-rais aucune reconnaissance. Car je savais que Brand avait travaillé