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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
«Aussitôt liaudouin courut, continue Kunckel, à Dresde pourcommuniquer ce résultat au conseiller de Friesen, à plusieurs mi-nistres de la cour, et enfin à moi. Je fus, je l’avoue, émerveillé decette singulière expérience ; mais, ce jour-là, je n’eus pas le bon-heur de-toucher la substance de mes mains. Pour obtenir cettelaveur, je fis une visite à AL liaudouin, qui me reçut fort poliment,et me donna... une belle soirée musicale, bien que j’eusse causé aveclui toute la journée, il me fut impossible d'en tirer le fin mot del’histoire. La nuit étant venue, je demandai à AI. Baudouin si sonphosphorus (car c’est ainsi qu’il avait appelé son produit de lacornue) pouvait aussi attirer la lumière d'une bougie, comme ilattire celle du soleil. Il se mit aussitôt à en faire l'expérience. Toute-fois je n’eus pas encore le bonheur de toucher la substance en ques-tion. Ne serait-il pas, lui dis-je alors, plus convenable de lui faireabsorber la lumière à distance, au moyen d'un miroir concave? —Vous avez raison, répondit-il. Sur-le-champ il alla lui-mémc cher-cher son miroir, et cela avec tant de précipitation qu'il oublia surla table la substance que j'étais si curieux de toucher. La saisir demes mains, en ôter un morceau avec les ongles et le mettre dansla bouche, tout cela fut l'affaire d'un instant.» — M. Baudouinrevient, l’expérience commence, et Kunckel 11 e dit pas si elleréussit.
« Je lui demande enfin s’il ne veut pas me faire connaître sonsecret. 11 y consentit ; mais à des conditions inacceptables. J’en-voyai alors un messager à AI. Tutzky, qui avait longtemps travaillédans mon laboratoire, et le priai de se mettre immédiatement àl’œuvre, en traitant la craie par l'esprit de nitre (car je savaisqn'on s’était servi de ces deux matières pour la préparation de l'es-prit du monde), de calciner ce mélange fortement, et de m’in-former du résultat de l’expérience par le retour du messager. »
L'expérience réussit, comme on le pense bien, au delà de touteespérance, et Kunckel reçut, vers le soir même, un échantillon deson
phosphore ; il en fit cadeau à AL Baudouin, en récompense de.
sa soirée musicale.
Il est difficile d’étre à la fois plus sagace et plus spirituel.A’oici maintenant les détails concernant l'histoire de la découvertedu phosphore proprement dit, dans laquelle Kunckel a joué unrôle important :
« Quelques semaines après la découverte du phosphore de Bau-douin, je fus obligé de faire un voyage à Hambourg . J’avais em-