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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
ccs assez singulières. Une femme demande à un pharmacien du réguled’antimoine (antimoine métallique) pour se purger. Le pharmacien,voulant faire voir à sa pratique toute sa science, lui dit : Attendezun instant, que je chasse auparavant le poison parle feu. Et aussitôtil se mita calciner l’antimoine (c’est-à-dire, à le convertir en oxyded’antimoine). La pauvre femme qui prit cette poudre eut, commeon le pense bien, des vomissements atroces, et faillit trépasser. Ladose de l’antimoine métallique que le pharmacien avait calcinépour en chasser, comme il disait, le poison, était de 35 grains (t).
L’auteur préparait le régule d'antimoine en chauffant l’anti-moine calciné (oxyde) avec un mélange d'huile, de beurre et depoussière de charbon. L’huile et le beurre agissent, par leur car-bone, de la même manière que la poussière de charbon.
Préparation et distillation des huiles essentielles dans de l'al-cool. Ce procédé est très-ingénieux, et nous allons le reproduiretel que Kunckel le décrit -. « Je fais dissoudre un peu de sucre dansde l'eau chaude, et mets le solutum dans une cornue, après vavoirajouté deux ou trois cuillerées de levure de bière fraîche. Lorsqueje vois que la fermentation est bien établie, j’v jette les fleursdont je veux retirer l’essence. Je surmonte ensuite la cornue de sonchapiteau, auquel j’adapte un récipient, et je distille le mélangeà une chaleur douce. De cette manière j’obtiens un excellent espritcontenant toute l’essence des fleurs ou des herbes. Les premiè-res portions qui passent à la distillation sont les plus riches enessence; les dernières sont les plus pauvres ; et il faut alors arrêterl'opération ( 2 ).
Ne serait-il pas possible que l’alcool, au moment où il se déve-loppe par la fermentation du sucre , conséquemment à l'étatnaissant, fût plus apte que dans tout autre état à s’emparer deshuiles essentielles des plantes, et à les entraîner dans le récipient ?
Kunckel n'était pas seulement chimiste et manipulateur, il culti-vait encore avec goût, et avec un véritable amour pour la science, laphysiologie et l'histoire naturelle. C’est à lui que nous devons lespremières observations concernant l’action que la lumière exerce surla végétation. Il était parvenu, à l’aide de nombreuses expériences,
(1) Yollstaendiges laborat., p. 414.
(2) Ibid., p. 649.