TROISIEME ÉPOQUE. 213
à reconnaître que les plantes que l’on fait croître ilans l’obscuritén’atteignent jamais leur perfection ; que surtout elles n’acquièrentpas d’odeur, et sont privées de leurs molécules aromatiques.
La lumière est pour lui un élément important, qui exerce même unecertaine influence sur les métaux. A ce propos il cite une expériencefort remarquable, qui devait être un jour féconde en résultats :« Lorsqu’on interpose entre la flamme et le métal qu’elle faitfondre, un crêpe ( l'iohr) métallique, l’action de la flamme est sus-pendue. Ceci est dû à l’obscurité placée entre la flamme et le mé-tal ( 1 ). »
Les zoologistes regretteront sans doute vivement que Kunckeln’ait pas publié son traité, qu’il avait promis : De observatione ani-malium in Germania. L’étude des instincts et des mœurs desanimaux était chez lui une véritable passion, comme il semblel’avouer lui-même : « Si mes amis, dit-il, me reprochent de m’êtrelivré à la chasse et à la pèche, ce n’est pas là une occupation hon-teuse ; car j’ai appris ainsi les habitudes et mille ruses des animaux.Il n’y a pas d’espèce d’oiseau en Allemagne que je n’aie élevée auprèsde moi, dans le dessein d’en étudier les mœurs. Un jour l’électeurJean-George 11, entrant dans mon laboratoire, aperçut dans uncoin toute une couvée de mésanges. Le prince me demanda enriant si ces oiseaux devaient chanter pour me faire passer letemps ( 2 ). »
Mais arrêtons-nous ici dans notre analyse. Qu’il nous suffise defaire remarquer que si tous les savants du xvn e siècle avaient étédes observateurs aussi sages et aussi habiles que Kunckel etBoyle,la science aurait été un siècle plus tôt ce qu’elle est aujourd’hui.
§ 6 .
J. Joachim BECHER.
Stahl, disciple de Beeher, a beaucoup contribué à la renomméede son maître, qui ne mérite certes pas tous les éloges qu’on lui aprodigués. Beeher est loin d’ètre toujours fidèle à la méthode
( 1 ) Vollslaendiges laborat-, p. 23.
(2) Ibid., p. 564.