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HISTOIRE DE LÀ CHIMIE.
expérimentale, qui était destinée à ouvrir à la science des voiesnouvelles. Il se perd souvent dans des divagations théoriques quirappellent les plus mauvais jours du moyen Age. Sa vanité et sonambition lui suscitèrent beaucoup d’ennemis, et lui causèrent beau-coup de désagréments dans la vie.
J. Joachim Becher naquit en 1G35 à Spire, où son père étaitministre protestant. La guerre de trente ans désolait alors l’Alle-magne , et transformait les contrées les plus fertiles en d’affreuxdéserts. Le jeune Joachim perdit de bonne heure son père et safortune, et il fut, dès l’âge de treize ans, obligé de passer scsjournées à donner des leçons de lecture et d’écriture pour soutenirsa mère et ses frères. Il employait les nuits à étudier et à se faire àlui-même sa propre éducation. Plus tard, il se mit à voyager enSuède, en Hollande, en Italie ; il y fit, ainsi qu’il nous l’apprendlui-même, connaissance avec les savants les plus célèbres de sontemps (l).
En 1G66, il fut nommé professeur de médecine à l’université deMayence . Mais il quitta bientôt les États de l'électeur pour aller s’éta-blir à Munich , oii il eut la direction du plus beau laboratoire dechimie de l’Europe , ainsi qu’il le dit lui-même (2). S étant attiréla haine du chancelier de la. cour de Bavière , il jugea prudent des’éloigner du pays, et se rendit à Vienne, où il gagna les bonnesgrâces du comte de Ziuzendorf, qui le fit nommer conseiller de lachambre du commerce. Là, il ne tarda pas à tomber, par son or-gueil et sa vanité, en disgrâce auprès de son protecteur; il quittales États autrichiens et se réfugia en Hollande, où il s’établit àHarlem vers 1678. Il présenta à cette dernière ville et aux étatsgénéraux toutes sortes de plans de finances et d’industrie pouraugmenter la richesse monétaire de la Hollande, et notammentpour retirer des sables des dunes l’or qu’ils pourraient receler. Mais,soit qu’on n’ait pas voulu lui prêter l’oreille, soit qu’il lut déçu
(1) Psychosophia quæst., 152, p. 308. — « A Stockholm j’ai connu, du tempsde la reine Christine, Descartes, Salmasius ( Saimiaise),Kaudé, Bocliart, Mer-senne, Heinsius, Freinsheim, Boekler, Meibome, Schaeffer; en Italie , l’abbéBonini, de Castagna, Tachenius; en Hollande, Sylvius, Hornius,Schoten , etc.
(2) Physiea subterranea, Pra-f. — Cum laboratorium commodissimum, au-gustissimum, omnibusque requisitis et materialihus iustructissinnnn, in totaGermania, ne dicam, in Europa , sui simile vix reperibile hic Monachii in Aidahabuerim, etc.