TROISIÈME ÉTOQUE.
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tivaut les sciences avec on esprit indépendant et une supérioritéd’intelligence incontestable.
Voilà à peu prés tout ce que nous savons de la vie si courte et sibien remplie de Jean Mayow.
Cent ans avant les immortels travaux de Lavoisier , de Selieeleet de Priestley , Jean Mayow publia en Angleterre un volumeintitulé :
Tractatus quinquc medicophysici, quorum primus agit demie nilro et spiritu nitro-aereo; secundus de respiratione, etc.,studio Joli. Mayow. Oxonii, 167-1, 8.
Je vais essayer de reproduire et de rendre aussi fidèlement quepossible les idées et les expériences contenues dans ce livre, sanscontredit un des plus remarquables du xvn e siècle.
Du sel de nitre et de l'esprit nitro-aérien
« Il est manifeste, d’après ce qui suit, que l’air qui nous envi-ronne de toutes parts, et dont la ténuité échappe à notre vue ensimulant un immense espace vide, est imprégné d'un certain seluniversel (l), participant de la nature du nitre, c’est-à-dire d’unesprit vital ou d’un esprit de feu ( spiritus vitalis, iyncus) éminem-ment propre à la fermentation (2'.
« Un mot d’abord sur la composition du nitre. Le nitre se com-pose d’un acide et d’un alcali.
« C’est ce que démontre l’analyse, et ce que confirme la géné-ration même du nitre. U est certain que l’air intervient dans laformation du nitre; mais la terre intervient aussi de son côté;c’est elle qui fournit probablement le sel fixe (alcali), tandis que lapartie volatile est fournie par l’air. Et il est vraisemblable que lescendres et la chaux brûlée ne rendent la terre fertile que parceque ces substances fournissent un élément propre à la formationdu nitre.
(1) Comme la nomenclature chimique ne fut inventée que plus de cent ansaprès Mayow, il est évident qu’il ne faudra pas prendre le nom de set, ainsi quebeaucoup d’autres termes, strictement dans le même sens que nous y attachonsaujourd'hui. Le nom de sel avait autrefois une acception beaucoup plus large :un acide était lui-même appelé sel; bref, le nom de sel était presque l'équiva-lent île substance chimique.
(ï) Ce même corps fut appelé plus tard air de feu (Selieele), ou air vital.