TROISIÈME ÉPOQUE. 263
« Il faut ensuite établir que les particules igno-aériennes néces-saires à l’entretien de la flamme se trouvent également engagéesdans le sel de nitre, et qu’elles en constituent la partie la plus active,celle qui alimente le jeu. Car un mélange de nitre et de soufrepeut être très-bien enflammé sous une cloche vide d’air, par consé-quent d’où l’on a extrait cette partie de l’air qui sert à alimenterla flamme. Et ce sont alors les particules igno-aériennes du nitrequi font brûler le soufre. »
Ici suivent les expériences destinées à sanctionner cette opi-nion.
« Donc, conclut l'auteur avec juste raison, le nitre renferme enlui-mème ces particules igno-aériennes nécessaires à l’alimentationde la flamme. Dans la déflagration du nitre, les particules igno-aériennes deviennent libres par l’act.uj du feu, qu’elles alimententpuissamment (t). »
Comme il s’agissait non-seulement d’établir des laits nouveaux,mais encore de détruire des erreurs alors généralement accréditées,Mayow entre ici dans une série d’expériences et de raisonnementsqu’il serait inutile de reproduire.
De la nature de l’esprit nitro ou igno-aérien.
«Que deviennent pendant la combustion les particules igno-aé-riennes? Nous n’en savons rien, sinon qu’elles se convertissent enun autre air pernicieux.
« Dans la combustion produite par l’action des rayons solaires(à l’aide d'une lentille), ce sont les particules igno-aériennes quiinterviennent exclusivement. Car l’antimoine calciné à l’aide d’unelentille se convertit eu antimoine diaphonique, entièrement sem-blable à celui qu’on obtient en traitant l'antimoine par l’esprit acidedu nitre. L’antimoine, ainsi traité par l’une ou par l’autre mé-thode, augmente en poids d’une manière à peu près égale. Et ilest à peine concevable que cette augmentation de poids puisseprovenir d’autre chose que des particules igno-aériennes jixéespendant la calcination (2).»
(1) Il est inutile de faire observer que ces particules igno-aériennes, queMayow appelle ailleurs esprit igno-aérien ou esprit nitro-aérien, ne sont autrechose que ce qui fut plus tard appelé oxygène.
(2) Quippe vix concipi potest, unde augmentnm illud antimonii nisi a parti-culis nitro-aereis igueisque ei inter calcinandum iulixis procédât.