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TROISIEME ÉPOQUE.
tiques. Il eut un jour l’idée d’opcrer sur une de ces pierres blan-ches et pesantes, si communes aux environs de sa ville natale. 11 lasoumit à la calcination avec du blanc d’œuf ou d’autres matièresorganiques qui remplissent l’office du charbon, et obtint, en l'année1G02, un produit nouveau, doué de la propriété singulière de luiredaus l’obscurité, après avoir été préalablement exposé aux ravonsdu soleil. Casciorolo s’empressa de montrer ce produit, qu'il appe-lait pierre solaire (lapis Solaris), à Scipion Iîagatelli, qui passaitalors pour un homme très-versé dans les connaissances alchimi-ques. Ce dernier fut d’autant plus frappé de ce phénomène extraordi-naire, qu’il lui semblait voir le soleil, symbole de l'or, se fixer danscette pierre, qui était précisément employée dans le dessein de fairede l’or. Iîagatelli fit part de cette découverte à Ant. Magiims, pro-fesseur de mathématiques à Bologne , lequel envoya des échantil-lons de la pierre de Bologne à Galilée , ainsi qu’à d'autres savants,et même à plusieurs souverains de l’Europe ( t ).
Si les travaux de tous ces alchimistes avaient été faits d’après lesprincipes posés par les anciens, savoir, que les métaux sont descorps composés des mêmes éléments, mais dans des proportionsdifférentes, et qu’il ne s’agit que de trouver ces éléments et cesproportions pour faire de for et de l'argent ; que le fer, le plomb,l’étain, etc., sont des métaux auxquels il faudrait enlever leursimpuretés pour les amener à la perfection ; si leurs travaux, dis-je, avaient été faits d'après les doctrines d’Albert le Grand etde Roger Bacon , il n’y aurait que des éloges à donner. Mais
(t) La préparation du phosphore de Bologne,que Lemerv appelle très-significa-tivement éponge de lumière, était pendant <]tiel'jue temps tenue secrète; ou lespersonnes qui en avaient connaissance ne la communiquaient qu’avec beaucoupde mystère, et d’une manière fort incomplète.
Ch. Poterius donna le premier, dans sa Pharmacie spagyrique, la descriptiondétaillée du procédé pour obtenir le phosphore de Bologne . Ce procédé consiste àréduire la pierre en poudre, à l'humecter d’eau et d’un peu de blanc d’œuf à enfaire des espèces de pastilles que l’on saupoudre de poussière de charbon, etque l’on chauffe pendant 1 à 5 heures à un feu violent. Si elles n’attiraient pasencore assez de lumière, on les soumettait aune nouvelle calcination avec ducharbon. On sait que la pierre pesante de Bologne n’est autre chose que du sul-fate de baryte, lequel, étant calciné avec du charbon, se transforme en sulfure debaryum pyrophorique. C’est ce sulfure parfaitement sec qui parait lumineuxdans l’obscurité, après avoir préalablement subi le coptrct des rayons du soleil.T. h. ît