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Tome deuxieme.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

quand ces philosophes hermétiques, comme ils s’appellent eux-mémes, soutiennent avec forfanterie, et sur le ton du dogmatismele plus hautain, que les légendes de l'Eglise les douze apôtres,les mythes de Jupiter, de Mercure, d'Hercule , de Jason, ne sontautre chose que des symboles de leur grand œuvre, et qu’ils pré-tendent faire de l’or avec les taches jaunes d’une salamandre, en-levées avec un couteau conservé pendant trois fois trois lunes dansle ventre d’un crapaud pris la veille de la Saint-Jean, sous unchêne portant un gui au sommet, ou qu’avec une dose presqueinfinitésimale d'une poudre jaune ou rouge, projetée sur du plomb,de l'étain ou du mercure fils prétendent transformer des massesde ces métaux eu or ou en argent, on conviendra sans doute quela science n’a rien à y voir, et que les hommes qui, avec de pa-reilles prestidigitations, abusent du public, sont du ressort de lajuridiction criminelle.

Il y a deux sortes d’alchimistes : les uns consacrent leursveilles, sacrifient leur fortune et leur santé au progrès de la science ;les autres, sachant que c’est par le prestige du merveilleux qu’onséduit les masses, ravalent la science à l’état de mensonge et la fontservir au profit de leur ambition sans frein. Les premiers nousremplissent d'admiration ; les derniers portent sur leur front lesstigmates de la réprobation universelle (1).

La science est pour les uns un but, pour les autres ce n’est qu’unmoyen ; il est du devoir de l’historien de signaler ces sycophantcsà la malédiction de la postérité la plus reculée.

Parmi les savants de ce temps qui ont le plus contribué à dévoi-ler les jongleries des faux alchimistes, on remarque le célèbre A.Kircher .

Athanase KIRCHER (né en 1602 , mort en 1680 ).

Le P. Kircher, un des plus célèbres jésuites de son époque, étaitarchéologue et mathématicien plutôt que chimiste. Natif de Fulda ,

(1) Lenglet-Dufresnoy rapporte (Histoire de la philosophie hermétique, t. II)plusieurs histoires de projection que le lecteur curieux pourra lire. Mais alors 1!faudra lire aussi, comme contre-épreuve, le mémoire de Geoffroy l’ainé sur lessupercheries concernant la pierre philosophale ( présenté à l’Académie desSciences le 15 avril 1722).