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Tome deuxieme.
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TROISIÈME ÉPOQUE. 3 â 9

Les recherches de lîlack sur la chaleur latente datent de l’année17G2 (l). Il se demanda d'abord pourquoi la glace fond si len-tement sous l’influence de la chaleur ; fait inexplicable par lesthéories généralement émises sur la fusion des corps. Dans la pre-mière expérience qu’il fit pour éclaircir cette question.il trouva que,pendant que l’eau à 0° s'élève à la température de 7°, la même quan-tité de glace, également à 0°, quoique soumise à la même chaleurque l’eau, exige un temps 21 fois plus long, pour arriver à la mêmetempérature de 7°(7X21 =117) ; et qu’il y a, par conséquent, l -10degrés (I'ahrenh.) de chaleur d’absorbés que le thermomètre n’in-dique pas. *

Pour mieux éclaircir encore cette question de l'absorption et durecel de la chaleur [the absorption andconccalment of beat ), il fitl’expérience suivante :

« Lorsqu’on mélange ensemble quantités égales d’eau chaude etd’eau froide, le mélange s’opère d une manière égale partout, et latempérature du mélange est la moyenne entre celle de l’eau chaudeet de l’eau froide. »

Black entre ensuite dans les détails de plusieurs expériences parlesquelles il établit que, lorsqu'on fait fondre de la glace dans uneégale quantité d'eau à 170° (I'ahrenh.), le mélange qui en résulteest à peu près à la température de la glace fondante. Cette quantitéconsidérable de chaleur qui disparait et que le thermomètre n’in-dique pas, Black l’appela chaleur latente (latent beat).

L’eau bouillante marque toujours le même degré de température,quelle que soit la chaleur qu’on lui applique. Black donne ce faitcomme une chose déjà connue, mais il démontre expérimentalementque, pendant la vaporisation, il y a une grande quantité de chaleurd’absorbée, laquelle n’est point accusée par le thermomètre, et qu’ilarrive ici ce qui se passe pendant la liquéfaction des corps solides.« De même que la glace, dit-il, combinée avec une certaine cha-leur, constitue l’eau ; ainsi l’eau combinée avec une nouvelle quan-tité de chaleur constitue la vapeur. »

L’illustre professeur d'Édimbourg semble plus d’une fois repro-cher à Lavoisier d’avoir profité des découvertes d’autrui, de se lesêtre appropriées subrepticement, sans rendre toujours justice àqui de droit. Ces reproches paraissent exagérés. Car voici comment

(1) voy. lectures on the éléments of chemistry, etc., vol. i, p. 161.