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Tome deuxieme.
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HISTOmE DE LA CHIMIE.

couvert que cette espèce d’air, absorbable par les alcalis, est mor-tel pour tous les animaux qui respirent à la fois par la bouche etpar les narines. Mais j’eus occasion d'observer que des moineauxqui mouraient dans cet air au bout de dix à onze secondes pou-vaient y vivre trois ou quatre minutes, lorsque les narines de cesoiseaux avaient été préalablement fermées avec du suif. Je pus meconvaincre que le changement qu’éprouve l’air salutaire sous l'in-fluence de la respiration consiste principalement, sinon unique-ment [if not solely), dans la transformation d’une partie de cetair eu air fixe : car j’avais remarqué qu’en soufflant à travers untuyau de pipe dans de l’eau de chaux ou dans une solution d'alcalicaustique, la chaux se précipitait, et que l’alcali perdait de sa caus-ticité. *

Dans la même année, il trouva que l'air qui se produit pendantla fermentation est de l’air fixe, ce qu’avait déjà constaté Van-Ilelmont, qui avait donné à cet air le nom de yaz sylvestre. Dansla soirée du même jour ou il avait fait cette observation, liluclv dé-montra, au moyen de l’eau de chaux, que la combustion du char-bon donne naissance à de l’air fixe; il confirma ainsi expérimenta-lement l'opinion de Yan-Helmont.

Black arriva le premier, par ses belles expériences, à conclureque les alcalis et les terres alcalines renferment tous une certainequantité d’air fixe qui, au contact d'un acide, se dégage aveceffervescence ; que cet air est fortement combiné avec les alcalis,puisque la chaleur la plus forte ne suffit pas pour leur faire perdreleur effervescence avec les acides ; que les alcalis sont en quelquesorte neutralisés par cet air (in some measure neulralized) ; quela chaux calcinée ( ainsi que tout alcali caustique), exposée à l’airlibre, attire peu à peu les particules de l’air fixe qui existe dans l’at-mosphère; enfin (et en cela Black s’éloigne entièrement de l’opi-nion de Haies ) que tout air n’est pas de l’air fixe, mais qu'il fautadmettre une distinction entre la plus grande partie de l’air atmos-phérique , et cet air qui forme la crème de l'eau de chaux.

Croirait-on que ces déductions si nettes, si rigoureuses, eussentété vivement attaquées par plusieurs chimistes, qui étaient sur lepoint d’entraîner la conviction même de Lavoisier ?

Mais le plus beau fleuron de la couronne de Black, c’est la dé-couverte de la chaleur latente , que vainement on a cherché à luiravir. C’était la pierre angulaire de l’édifice de Lavoisier , de lathéorie de la combustion.