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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
le reprend peu à peu par son exposition à l’air ( 1 ). En 1730, il mitle premier sur le tapis une question qui plus tard fut complètementrésolue par Marggraf . Il avait avancé que la base du sel marin( soude) est un alcali différent, à quelques égards, de l’alcali (po-tasse ) qu’on retire des plantes terrestres ( 2 ). Voulant s’assurer si ladifférence entre ces alcalis tient à la différence spécifique des plan-tes qui les produisent, ou à la nature des terrains où elles crois-sent, il lit semer du kali ( salsola soda), plante riche en soude,dans sa terre de Denainvilliers, et suivit-ces expériences pendantun grand nombre d’années. Comme il avait renoncé à la chimieavant qu elles fussent terminées, il pria Cadet d’examiner les selsque contenaient les cendres des kalis de Denainvilliers, et ce chi-miste remarqua que la première année l’alcali minéral (soude) ydominait encore; que dans les années suivantes l'alcali végétal (po-tasse ) augmentait rapidement ; entin, qu’il se trouvait presqueseul après quelques générations.
Son mémoire sur la liqueur colorante que fournit la pourpre,espece de coquille qu'on trouve sur les côtes de la Provence , asoulevé des discussions industrielles et archéologiques d'un grandintérêt (3). Frappé des analogies qui existent entre le règne végétalet le règne animal, il se mit à examiner si les os ne suivent'pns dansleur développement les mêmes lois que l'accroissement des arbres;il établit, par une suite d’expériences faites sur de jeunes animauxnourris avec de la garance, que les os s’accroissent par l'ossificationsuccessive des lames du périoste, comme les arbres par l’endurcisse-ment de la partie interne des couches corticales. On sait combien dequestions intéressantes soulèvent aujourd'hui ces recherches. Enfin,avant Franklin, il avait établi l’identité de la foudre avec le lluideélectrique.
Duhamel était secondé dans ses travaux par un frère qu’il aimaittendrement. Il passait une grande partie de sa vie à la campagne,au milieu des champs, où il faisait ses expériences d’agriculture et
(1) Mdm. de l’Acad., ann. 1747.
(2) Ibid., ann. 1736, p. 215.
(3) Ibid., ann. 1736, p. 49. Les autres mémoires chimiques de Duhamel ontpour titres : Sur le sel ammoniac, ibid., ann. 1735, p. 106; ibid., 2 e mém.,1». 414; 3 e mém., p.483; — Diverses expériences sur la chaux, ibid., 1747,p. 59; — Sur les effets de la poudre à canon , ibid., 1750, p. 1 ; — Sur lessels qu’on retire des cendres des végétaux, ibid., 1767, p. 233 et p. 239.