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Tome deuxieme.
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407
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TROISIÈME ÉPOQUE. 407

«Je sais fort bien, — c’est Stalil qui parle, —que les métauxaugmentent de poids pendant leur calcination. Mais ce fait, loind’infirmer ma théorie, \ient, au contraire, merveilleusement à sonappui. Car le phlogistiquc étant plus léger que l'air, tend à soule-ver le corps avec lequel il est combiné, et à lui faire perdre unepartie de son poids -. ce corps pèse donc davantage après avoir perduson phlogistique. »

Ainsi la théorie de Stahl est fondée sur une illusion, sur une er-reur de statique, d'après laquelle le phlogistique ferait l’office d’uneespèce de ballon aérostatique. Slahl semblait ignorer que toutcorps matériel est pesant, et que le phlogistique (en admettant sonexistence) doit, ainsi que l'air inflammable (hydrogène), occuperun espace beaucoup moins grand, par conséquent déplacer un vo-lume d’air beaucoup moindre, à l’état de combinaison qu’à l’étatde liberté.

Il ne faut pas oublier que Stahl, lorsqu’il établit sa théorie, n’a-vait aucune connaissance spéciale des gaz. Après la découverte del’azote, de l’oxygène, du l’hydrogène, fluides élastiques qui parais-saient avoir certains rapports avec le phlogistique, les chimistes ap-portèrent à la théorie de Stahl des modifications souvent difficilesà saisir. Et comme, d'un côté, l’expérience, par suite des découver-tes multipliées, contrariait leurs hypothèses, et que, d’un autre côté,ils ne voulaient pas, soit par amour-propre, soit par conviction,abandonner une théorie qui avait en quelque sorte présidé à tousleurs travaux, il advint, ce qui arrive toujours en pareil cas, queles hypothèses, les explications spéculatives, les additions supplémen-taires à la théorie du phlogistique, s'accumulèrent à un tel point,qu’il faudrait le fil d’Ariane pour se reconnaître au milieu de celabyrinthe. Il n’y a pas deux chimistes phlogisticiens qui s'enten-dent : c’est absolument comme pour la philosophie.

C’est dans cette seconde période, époque de décadence du phlo-gistique, qu’on voit apparaître les noms d 'air phlogistique (azote),d’air déphlogistiqué (oxygène), acide marin déphlogistiqué(chlore), acide vitriolirjuephlogistiqué (acide sulfureux), espritde nitre phlogistique (acide nitreux), alcaliphlorjistiqué (cyano-ferrure de potassium), etc.

Voilà un exposé succinct de la théorie du phlogistique, qui, versle milieu et la fin du xviu e siècle, divisa les chimistes en deux campsennemis, et produisit une émulation très-salutaire pour le progrèsde la science ; car ce n'estque du conflit des opinions contraires que