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HISI'OIUK DE LA CHIMIE.
Appliquons ces idées de Stnlil aux métaux.
Qu’est-ce qu’un métal? Dans l’état actuel de la science, c’estun corps simple, c’est-à-dire jusqu’à présent reconnu indécomposa-ble. Suivant la théorie du phlogislique, c’est, au contraire, uncorps composé. Quels en sont les éléments? le phlogislique et unematière terreuse (chaux). Le phlogistique est partout le même, maisla matière terreuse varie suivant la nature du métal. Celte matièreterreuse n'est autre chose que la rouille (oxyde) du métal, laquelle,à cause de sou aspect pulvérulent, terreux, est appelée chaux.Lorsqu’on chauffe le métal, son phlogistique se dégage et la chauxreste : c’est pourquoi on désignccette opération sous le nom de calci-nation (de calx, chaux). Voulez-vous rendre à cette chaux sa duc-tilité, son élasticité, sa malléabilité, enfin toutes les propriétés quicaractérisent le métal? llendez-lui son phlogistique ; si aous don-nez au colcothar (chaux de fer) du phlogistique, vous le changerezeu fer; si vous donnez au pompholix (chaux de zinc) du phlogisli-que, vous aurez le zinc, etc. Comment donnerez-vous à ces chauxdu phlogistique? en les chauffant avec du charbon, avec des grais-ses, en un mot, avec des substances qui abondent en phlogistique.
S’il est vrai que la simplicité est un caractère distinctif de la vé-rité, jamais théorie n’aura été aussi M’aie que celle deStahl ; car ilest impossible de trouver nulle part une théorie aussi séduisantepar sa simplicité. Faut-il maintenant s’étonner qu’elle ait eu de sinombreux défenseurs ?
Ainsi, comme nous venons de le voir, la calcination est, selonla théorie de Stahl, une opération analytique, puisque le métal (outout autre corps) sc décompose en phlogistique et en chaux, tandisque la réduction est une opération synthétique, puisque, dans cedernier cas, la chaux reprend son phlogistique.
D'après la théorie actuelle, dont le fondateur est Lavoisier ,c’est tout le contraire : la calcination est une synthèse, puisquele métal, loin de perdre, absorbe quelque chose en augmentant depoids ; et la réduction est une décomposition, car le charbon, aulieu de rendre, enlève quelque chose au métal, en lui faisant per-dre de son poids exactement ce qu’il avait gagné pendant la cal-cination.
Si Stahl avait employé la balance, il aurait sans doute immédia-tement renoncé à sa théorie, comme étant en contradiction évidenteavec l’expérience.
Détrompez-vous. Écoutez plutôt :