TROISIÈME ÉrOQCE.
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triotc Kinnéavait fait pour l'histoire naturelle. Il entretenait une cor-respondance avec les principaux chimistes et physiciens de France ,d’Allemagne, d’Angleterre et d’Italie ; et la renommée de ses tra-vaux se répandit dans toute l’Europe . Bientôt les Académies dessciences de Paris, de Londres, de Goettingue, de Dijon, de Mont-pellier, de Turin, la Société des naturalistes de Berlin , etc., lecomptèrent au nombre de leurs membres, et le roi de Suède luiconféra l’ordre de Wasa. Dès l’année 1777 , l'Académie des sciences de Stockholm lui avait affecté une somme annuelle de 150 rixda-lers (environ (>00 francs), pour lui servir d’encouragement à sesexpériences. Ainsi que Linné, il attira à Upsal des étrangers detoutes les nations. C’est sous les auspices de Bergmann queScheele se produisit dans le monde. Il refusa de se fixer à Berlin où l’appela le Frédéric II . A l’âge de trente-six ans il avait choisiune compagne qui partageait scs goûts pour la science.
Bergmann avait eu, dès sa jeunesse, une santé chancelante ; lesvoyages, l’emploi des eaux minérales, et particulièrement de l’eaude Seltz qu’il avait le premier fabriquée lui-même, ne lui procuraientipie des soulagements passagers. Un malheureux accident hâtal’affaissement de sa constitution, usée en grande partie par le tra-vail. Un jour, voulant faire avec un de ses amis une promenadedans l’ile de Lintre, il posa le pied sur le bord du bateau, glissa, ettomba dans l’eau, d’où il fut cependant promptement retiré; mais,quelques jours après, il cracha du sang en abondance, symptômefâcheux du dénoûmcnt fatal d'une phthisie pulmonaire; ses forcesdépérissaient de jour en jour, une fièvre hectique le consumait; et ilmourut à l’âge de quarante-neuf ans, le 8 juillet 1784, aux bainsde Medwi (l).
Travaux de Bergmann.
Bergmann apporta, dans toutes ses recherches, cette rigueurd’observation qui distingue un esprit nourri des sciences mathéma-tiques. Ses travaux, tous originaux, sont très-nombreux, et concer-nent, non-seulement la chimie, mais l’astronomie, la physique, la'minéralogie, la géologie et la zoologie.
Comme nous n’avons ici à faire connaître que la partie chimiquede ses travaux, il nous est impossible de suivre l’ordre chronolo-
(l) Voy. Vicq d’Azir, Eloge de Bergmann. — Crell, Annalen (1er Cliemie, 1787,t. I, p. 74-90.