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Tome deuxieme.
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HISTOIRE HE LA CHIMIE.

cessivement : mais si on dissout l'alcali dans une suffisante quantitéd'eau aérée (acidulée de gaz carbonique), toutes ces hétérogénéitésterreuses se précipitent en même temps. >

L'acide aérien n'est pas seulement soluble dans l'eau et suscep-tible d’étre fixé par les alcalis, mais encore il peut être absorbé pardes liqueurs inllammables. Après avoir entrepris à ce sujet unesérie d’expériences, l’auteur se résume en disant que l’esprit-de-vin absorbe le double de son volume d'acide aérien, à latempérature de to° au-dessus de zéro; que l'huile d’olive euprend un volume égal au sien ; que l’essence de térébenthine endissout le double de son volume. « Si on dégïigc, ajoute-t-il, l’airfixe qui était ainsi dissous dans l'huile d’olive, et qu'on le reçoivedans une cloche pleine d’eau, on le trouve changé, au moins enpartie, ou mêlé de parties étrangères; car il est susceptible de s’en-fiammer, et presque immiscible à l’eau. »

Après avoir démontré l’aciditc de l'air fixe par la saveur, par lateinture de tournesol, par la solubilité, par la combinaison avecles bases, Bergmann s'efforce de justifier l'épithète A'aérien ouA'atmosphérique qu'il a donnée à ce nouvel acide.

« L’acidité de l’air fixe étant, dit-il), démontrée , il y a plu-sieurs raisons pour le nommer acide aérien ou atmosphérique.Il a en effet tellement la légèreté, la transparence, l’élasticité del'air, que ce n’est que depuis très-peu de temps qu'on a com-mencé il le distinguer. De plus, cet océan d'air qui environnenotre terre, et qu’on appelle atmosphère, n’est jamais sans une cer-taine quantité d'air fixe; cela se manifeste journellement par diversphénomènes. L’eau de chaux exposée partout à l'air libre fournitde la crème de chaux, ce qui n’arrive pas dans des bouteilles bienbouchées : la chaux vive exposée longtemps à l'air recouvre à lafin tout ce qu elle avait perdu au feu, et redevient absolument terrecalcaire, au point de ne pouvoir plus servir à la préparation dumortier qu'après qu'on l'a de nouveau privée de son acide; la terrepesante (baryte) et la magnésie recouvrent de même à l’air leurpoids, et la faculté de faire effervescence avec les acides ; les alcalispurs perdent à l’air leur causticité, etc. »

Bergmann a le premier émis une opinion rationnelle sur la com-position de l’air; opinion que Scheele, l’ami de Bergmann, sechargea de démontrer expérimentalement.

« Lair commun, dit Bergmann, est un mélange de trois fluidesélastiques , savoir, de l’acide aérien libre, mais en si petite quan-