TROISIÈME ÉPOQUE. 449
tilé qu’il n’altère pas sensiblement la teinture de tournesol ; d’unair qui ne peut servir, ni à la combustion, ni à la respiration desanimaux, que nous appelons air vicié, jusqu'il ce que nous con-naissions plus parfaitement sa nature; enfin, d'un air absolumentnécessaire au feu et à la vie animale, qui fait à peu près le quartde l’air commun, et que je regarde comme l’air pur. »
Cet énonce a été complètement sanctionné par l’expérience. L’airatmosphérique se compose en effet d’une très-petite quantité d’a-cide carbonique [acide aérien) , d’azote air vicie) et d’oxygène(air pur, air de feu) ; ce dernier, dans la proportion d’un cinquièmeenviron.
La densité de l’acide aérien que llergmann a reconnue plusgrande que celle de l’air commun, expliquerait les phénomènesd’asphyxie qui arrivent à la surface du sol dans des endroits où cetacide existe en abondance. Il cite comme exemples la fontaine dePyrmont, ouverte en 1717, où les oies, ayant le cou très-long,peuvent nager sans en être incommodées; les sources de Schwal-bach ; la grotte du Chien, près de Naples , etc.
Après avoir fait voir que l’acide aérien est impropre à entretenirla llamme, et que les armes à feu ne peuvent faire explosion dansun semblable milieu, il arrive à une série d’expériences relativesà l’action que ce gaz exerce sur les animaux. Ces expériences sontfaites avec une précision admirable; elles peuvent servir de mo-dèle à tous les physiologistes expérimentateurs. En voici, en peude mots, le résumé :
« Lorsqu’on introduit de l’acide aérien dans une cloche où l’ontient emprisonné un animal, on remarque d’abord que cet animalregarde autour de lui avec inquiétude, pour chercher à sortir; ilcommence ensuite à respirer avec peine; le globe de l’œil se gonfle,tous les sens s’affaiblissent, et il expire dans une espèce d’assoupis-sement. En retardant le passage de l’acide aérien, on retardepresque à volonté la mort de l’animal. 11 y a néanmoins des diffé-rences par rapport aux différents animaux, à leur âge et à leurvigueur. Les oiseaux y périssent communément plus tôt que leschiens, et ceux-ci plus tôt que les chats ; les amphibies y viventplus longtemps, et les insectes y résistent opiniàtrément. A l’égardde l'àge, les plus jeunes n’y meurent pas aussi promptement, sur-tout s’ils y ont été accoutumés insensiblement ; car ceux que l’on aretirés an moment de l’agonie pour les exposer à l’air libre, et quiont été conservés en vie, ne sont pas aussitôt asphyxiés par ce
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