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— Au Mont-Blanc! Ah, les malheureux! qu’ils s’engardent bien ! ils gèleront tout entiers !
Le prince Paskiewitch ne fut que trop bon prophète. Lelendemain,,13 octobre, après avoir fait flamber aux Grands-Mulets ces pièces d’artifice dont Hamel, on s’en souvient,désirait tant devoir l’effet, le capitaine Arkwright se remet-tait en route. L’Ancien passage, depuis la catastropheIlamel, n’était guère usité; mais les jours sont courts enoctobre et il abrège de deux heures : on prit donc l’Ancienpassage et, juste à l’endroit où, une avalanche de neiges’était formée sous les pas de Hamel et de ses guides, uneavalanche de séracs se précipita sur la double troupe deM. Arkwright et de Sylvain Couttet. Celui-ci passait lepremier; quand il entendit le craquement des glaces au-dessus de sa tête, un peu à droite, il poussa un cri d’alarmeet, d’instinct, sans raisonner, il s’élança devant en entraî-nant son camarade. Une voix s’écria dans l’autre troupe :« Non! pas de ce côté-là! » — Au même moment l’ava-lanche était sur eux. — « Couchons-nous! » crie encoreSylvain, et en même temps il enfonce profondément son picdans la glace et se cramponne au manche, à genoux, la têtebaissée et tournée contre l’ouragan. L’épais nuage de neigepoudreuse que soulevait l’avalanche l’enveloppa; il sentitdes blocs de glace passer sur son dos* des glaçons lui fouet-ter le visage et un bruit affreux de craquements l’étourditcomme un roulement de tonnerre.