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Le Mont-Blanc / par Charles Durier
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LE MONT-BLANC .

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Ce ne fat qu’au bout de huit ou dix minutes que l’airs’éclaircit et que, toujours les mains crispées sur son pic, ilaperçut à deux mètres de lui Nicolas Winhart, qui avaitsuivi tous ses mouvements, accroupi et arc-bouté sur sonalpenstock fortement implanté dans la glace, La corde quiles liait était intacte. Mais, derrière son compagnon, il nevit plus rien que les derniers nuages de neige qui flottaientencore au-dessus des blocs de l’avalanche entassés sur uneétendue de plus de deux cents mètres. La corde fut déta-chée et tous deux se mirent à explorer dans tous les sensl’énorme amoncellement de débris. A cinquante mètresplus bas, ils aperçurent un sac, puis un homme. C’étaitFrançois Tournier, le second porteur, la figure horrible-ment mutilée, le crâne enfoncé par un bloc de glace et lajambe droite fracturée en deux endroits. La corde qui leliait à ses camarades était coupée à un mètre de distanceen avant et en arrière. Deux heures de recherches n’ayantpas amené d’autre découverte, ils traînèrent le pauvreFrançois jusqu’au Grand-Plateau et redescendirent en toutehâte à la cabane des Grands-Mulets (1).

Je tiens de la bouche de Sylvain Couttet un détail na-vrant. Je le laisse parler.

ce Le capitaine Arkwright était venu à Chamonix avec samère et deux sœurs : l’une, âgée de vingt ans, avait voulu

(1) Narration de Sylvain Couttet dans Ch. Depraz, Un sauvetage au