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Le Mont-Blanc / par Charles Durier
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LE MONT-BLANC .

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une forte journée dexercice pour une dame (1). » LeMont-Blanc néchappait pas à la loi commune. Il avait étéun temps le courage seul ne suffisait pas à expliquerau gré du public laudace des touristes, un temps onlisait dans un itinéraire fameux, incessamment feuilletépar les voyageurs anglais , cette phrase caractéristique :« Un fait digne de remarque, cest que la plupart des per-sonnes qui ont fait cette ascension avaient le timbre unpeu fêlé (2). » Mais une nouvelle école sétait formée. Lepublic, habitué à ses prouesses, les jugeait dun œil moinssévère, elle ne connut plus dobstacles.

Contradiction trop fréquente ici-bas ! Dès quon putmonter au Mont-Blanc sans être soupçonné davoir lecerveau détraqué, les touristes commencèrent à donnerdes signes manifestes de démence. Les fous dautrefoisdisaient, comme M. Markham-Sherwill, en revenant dela cime : Jai failli périr, jamais je ne conseillerai à per-sonne de suivre mon exemple; les gens sensés dujour disaient : Ce nest quun jeu, il ny a pas de quoi scvanter, et, par lorgane du plus répandu des jour-naux de Londres , lun deux affirmait que lascension duMont-Blanc nétait pas plus difficile que celle du Snow-don (3). Ainsi, on ne se contentait plus daffronter résolû-

(1) Alpine Journal, n° IL, juin 1866.

(2) Handbook Murray, édition de 1852, route 115.

(3) Dans le pays de Galles , 1185 mètres.