velles recherches tentées du côté de Courmayeur ne firent
rien découvrir (1).
Quelques notes d’un carnet trouvé sur M.. Bean ont ap-pris tout ce qu’on saura jamais sur les angoisses de ces in-fortunés. Voici ce qu’on y lisait, sauf quelques instructionsrelatives à des affaires de famille que je supprime :
« Mardi 6 septembre. Température 34° F., à deux heuresdu matin (2). J’ai fait l’ascension du Mont-Blanc avec dixpersonnes : huit guides, le rév. Mac-Corkendale et M. B.Nous sommes arrivés au sommet à deux heures et demie.Aussitôt en le quittant, nous fûmes enveloppés par desnuages chargés de neige. Nous avons passé la nuit dansune grotte creusée dans la neige, qui ne donnait qu’un très-mauvais abri, et j’ai été malade toute la nuit.
» Mont-Blanc , 7 septembre. Si quelqu’un trouve cecarnet, je le prie de l’envoyer à madame H. M. Bean, Jones-borough, Tennessee, États-Unis d’Amérique.
» Ma chère Hessie, nous sommes depuis deux jourssur le Mont-Blanc , au milieu d’un terrible ouragan de
(1) S. Couttet, Lettre du 11 janvier 1874; Écho des Alpes , 1870, n° 4,et 1871, n° 1; Bollettino del Club Alpino italiano , n° 17; Alpine Jour-nal, n os 32 et 33.
(2) C’est probablement le temps où la caravane se disposait à quitterles Grands-Mulets. En supposant qu’elle soit partie même une heureplus tard, elle aurait encore mis plus de onze heures pour atteindre lacime, ce qui donne une idée des difficultés qu’elle a dû rencontrer. 11 estinconcevable que les guides aient persisté dans de telles circonstances.