Buch 
Le Mont-Blanc / par Charles Durier
Entstehung
Seite
455
JPEG-Download
 

LE MONT-BLANC .

4.55

neige. Nous avons perdu notre chemin et nous sommesdans un trou creusé dans la neige à une hauteur de15 000 pieds. Je n’ai plus d’espoir de descendre. Peut-êtrece carnet sera trouvé et te sera remis... Nous n’avons rienà manger; mes pieds sont déjà gelés et je suis épuisé; jen’ai que la force d’écrire quelques mots... Je meurs dansla foi en Jésus-Christ et dans des pensées d’amour pourtoi. Adieu à tous. Nous nous retrouverons au ciel. Jos. B.Beau. »

Et plus bas, en caractères très-gros et presque illisibles :

« Matin. Toujours un froid excessif; beaucoup de neigequi tombe sans interruption. Les guides ne tiennent pasen place. »

Ces notes ont été remises avec les effets de M. Bean auconsul des États-Unis à Genève et communiquées par luiaux journaux. Leur authenticité n’est pas suspecte. Il enressort que les guides, désespérant de frapper juste à ladescente du Mur de la Côte et connaissant le danger d’uneautre direction, s’avisèrent de s’entasser dans une cave deneige à la façon des Esquimaux , en attendant que le ciels’éclaircît. L’expédient n’était pas mal imaginé, puisqu’ilréussit à prolonger leur existence pendant deux jours etdeux nuits, et, sans la durée exceptionnelle de l’orage, peut-être eût-il été l’occasion de leur salut. Le 8 au matin, lesplus faibles de la troupe succombèrent; les autres au-