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PRÉLIMINAIRE,immense Je la Nature. Mais le grand mal est que les Natura-listes ont presque toujours perdu de vue leur objet, qu’ils ontmis, si j’ose ainsi parler, sur le compte de la Nature ce quiétoit leur propre ouvrage, et ont prétendu juger, par leursdivisions factices et arbitraires, des loix essentielles auxquellestous les êtres sont soumis, et des vrais rapports qui peuventservir à les rapprocher. En un mot , séduits par une erreurconsidérable de métaphysique qui a retardé leurs progrès etfait perdre à leur travail la plus grande partie de sa valeur ,ils ont toujours confondu le moyen qui peut perfectionner etagrandir nos vues pour nous faire juger des productions de laNature , et établir entre elles une juste comparaison , avec celuiqui doit servir seulement à nous les indiquer et à nous en ap-prendre les noms , qui ne sont que de pures conventions néces-saires , à la vérité, pour nous entendre, mais absolument étran-gères à la marche de la Nature.
C’est pour faire connoitre, et j’ose dire démontrer la diffé-rence essentielle de ces deux moyens, la nécessité absolue deno jamais les confondre ; en un mot , celle de les employerl’un et l’autre , mais toujours séparément, que je me proposed’examiner certaines opinions qui ont été regardées jusqu’icicomme des loix en Botanique } opinions qui me paroissent très-défectueuses, et même contraires aux progrès de nos connois—sances dans cette partie intéressante de l’Histoire Naturelle.
Pour mettre dans un plus grand jour ce que j’ai à dire surcelte matière, je diviserai ce Discours en qiratre parties.
Dans la première , je parlerai de l’état actuel de la scienceque j’entreprends de traiter , et je ferai voir que les difficultésque l’on éprouve par-tout en l’étudiant, sont rebutantes et pres-que insurmontables. *■
La seconde sera destinée à un examen plus particulier desmoyens que l’on a employés jusqu’ici pour faciliter l’étude dela Botanique. Je ferai voir que l’insuffisance de ces moyens,et l’incertitude qui en résulte de toutes parts, sont les suitesnécessaires des opinions mal fondées par lesquelles les Bota nistes se sont laissés dominer.
La troisième partie traitera de la meilleure manière de voiret de travailler en Botanique. J’y exposerai les objets qu’il estindispensable de se proposer dans cette science , et le véritablepoint de vue sous lequel on doit les envisager.
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