DISCOURS
PRELIMINAIRE
DE LA PREMIÈRE ÉDITION.
Parmi les différentes parties qu’embrasse l’étude de l’HistoireNaturelle, cette clude si noble, si intéressante, et qui depuisun siècle a fait des progrès si rapides, aucune n’a été aussi gé-néralement cultivée que la Botanique , c’est-à-dire , la sciencedont l’objet est la connoissance des végétaux. Les secours mul-tipliés que les Plantes offrent à l’homme , soit en fournissantaux besoins les plus essentiels de la vie, soit en calmant laviolence des maladies qui menacent d’en abréger le cours, soiten enrichissant de leurs tributs les Arts les plus utiles à la so-ciété ; la facilité d’ailleurs de se procurer ces productions dela terre qui naissent de tous côtés sous nos pas avec une pro-fusion qui répare sans cesse leur durée passagère; l’attrait enfinqu’inspire par soi-même ce point de vue si gracieux de laNature, cette diversité de scènes qui semblent s’être partagétoutes les saisons de l’année pour les embellir lour-à-tour, ettoutes les parties du Globe pour en varier l’aspect, tout inviteen effet le Naturaliste à tourner particulièrement son attentionvers cotte branche aussi utile qu’agréable des connoissanceshumaines.
Mais cette science qui offre à la curiosité des aiguillons sipuissans , est peut-être en même temps la plus difficile detoutes; et indépendamment des causes particulières qui en ontcompliqué l’étude, et dont je parlerai plus bas, les obstaclesqui naissent du fond même de la science , semblent se multi-plier à proportion des motifs qui doivent exciter l’avidité d’ob-server et de connoître.
Il ne faut, pour sentir cette vérité , que jeter un coup-d’œilsur le jardin immense de la Nature. Nous serons frappés d’a-bord de cette multitude de végétaux répandus de toutes partsavec une sorte de prodigalité, et nous verrons toutes les partiesdu Globe pi us ou moins fécondes depuis la cime des plus hautesmontagnes jusqu’au fond des fleuves et de l’Océan. Si nousTome /. À