PRÉLIMINAIRE. ' 5
systèmes multipliés , mais tous insuflïssns, qu’on a vus se suc-céder les uns aux autres, et dont les loix sont presque toujoursen contradiction avec la Nature ; le trop grand nombre d’ex-ceptions dans les caractères génériques, et enfin les définitionsvagues que l’on a faites des parties les plus essentielles desplantes , et d’après lesquelles il est impossible de fixer d’unemanière précise la notion de ces mêmes parties.
Voilà sans doute des reproches très-graves , et qui exigentdes preuves convaincantes; mais j’ose me flatter que quiconquelira avec un esprit libre de préjugés les détails dans lesquels jevais entrer sur ces différons objets , y verra que ce n’est pas laséduction de mes propres principes qui m’a fait attaquer toutesles opinions qui les combattent, mais plutôt l’expérience quej’ai des vices essentiels de tous les systèmes qui, après m’a-voir fait long-temps souhaiter qu’un autre put mieux faire ,m’a engagé dans des tentatives pour réaliser par moi-mêmece désir.
ARTICLE PREMIER.
Du peu de fixation des noms que l’on a donnés à certainesparties des Plantes, et de la mauvaise déterminaison deplusieurs expressions employées pour exprimer leurs ca-ractères.
S’il y a dans les plantes des parties dont la définition doiveavoir été soignée par les Botanistes , ce sont sans doute cellesqui servent comme de base à leurs différens systèmes , et quidévoient les conduire aux caractères les moins variables , et enmême temps les plus propres à leur fournir un grand nombrede divisions. Prenons pour exemple la corolle et les étamines ,d’après lesquelles M. de Tournefort, d’une part, et le cheva-lier Linné de l’autre, ont établi leurs grandes divisions, et forméleurs classes.
Il est aisé de s’appercevoir d’abord que la corolle est unepartie si mal déterminée , que presque par-tout on est embar-rassé pour reconnoître son existence ; les uns donnant ce nomdans certaines plantes à des parties de la fleur que d’autresregardent simplement comme son calice , tandis que dansd'autres plantes ceux-là même donnent le nom de calice à desparties de la (leur que ceux-ci prennent pour la corolle.
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