PRÉLIMINAIRE. i5
grand nombre. De là il arrive que la plupart de ceux qui étu-dient les systèmes, se bornent à les vérifier sur les individusqu’ils commissent déjà , ou s’exposent à tomber dans des mé-prises grossières, et ne tirent d’autre fruit de ces recherchesscientifiques dans lesquelles ils s’engagent, que de s’égarer avecplus de confiance.
Ainsi cette étude précieuse, appliquée autrefois avec tant desuccès au profit do l’économie animale par des hommes célè-bres à qui , sans le secours des méthodes et des systêmrs , uncoup-d’oeil très-exercé et des observations exactes sullisoient anmilieu du petit, nombre d’individus connus alors; cette élude ,dis-je, devenue immense de nos jours, n’est presque plus com-patible avec tant d’autres objets indispensables auxquels s’étendl’art de guérir. L’impossibilité de se rendre habile en peu detemps, étouffe l’ardeur de s’instruire, retarde les progrès de lascience, et nous prive de mille tentatives heureuses , de milledécouvertes intéressantes , auxquelles des connoissances pluscertaines, plus faciles à acquérir, plus généralement répandues,ne manqueroient pas de donner naissance. La difficulté des sys-tèmes épaissit le voile qui nous cache les secrets de la Nature,et l’étude approfondie de la Botanique n’est plus que le par-tage d’un petit nombre de Naturalistes , que leur aisance metà portée de se livrer tout entiers à une inclination louable , àla vérité , mais stérile pour le bien de l’humariité , et qui pres-que toujours annonce plutôt l’amateur qui cherche à occuperson loisir, que le citoyen jaloux de se rendre utile.
SECONDE PARTIE.
De l’insuffisance des moyens que l’on a employéspour faciliter l’étude de la Botanique.
La Botanique ne consiste pas , comme bien des gens se É l’i-maginent, dans l’habitude de considérer telle ou telle plante,et d’appliquer à l’idée qu’on se forme de son port, un nomquelconque indiqué par une étiquette ou par un Professeur.Cette façon d’étudier les plantes, qui est peut-être la pluscommune, pourroit suffire jusqu’à un certain point, si le règnevégétal se trouYoit réduit à un nombre borné d’individus qui