PRÉLIMINAIRE. a3
parvenir à leur but, puisqu’ils n’étoicnt point gênés par l’unitéde principe , et que la facilité de multiplier et de varier à leurgré les données, devoit naturellement les conduire à des solu»lions plus complettes.
Il ne sera pas difficile de remonter h la cause qui a gâté etaltéré toutes les méthodes, si l’on considère, en premier lieu,que les Botanistes qui se sont appliqués à cette espèce de tra-vail , au lieu de tendre uniquement et directement à leur but,ont été arrêtés par des considérations qui leur devenoienttout-à-fait étrangères. En effet, ils ont tous aspiré à l’honneurdu système, et se sont gênés sur le choix des moyens, dansla crainte de ne point assez simplifier les principes sur lesquelsils élablissoient leurs méthodes. En conséquence, ils ont faitle moins de divisions qu'il leur a été possible, et ont mieuxaimé les appuyer sur des caractères équivoques, que d’enemprunter de toutes les parties des plantes qui pouvoient leuren fournir d’assez marqués; ce qui eût été cependant se rap-procher de la vraie Botanique , et multiplier les traits deressemblance entre leur ouvrage et celui de la Nature.
Ce préjugé n’est pas le seul dont les méthodes aient eu àsouffrir. On se fit une loi sévère de ne point séparer les plantesqui avoient des rapports communs; comme si le moyen quiconduit par des divisions nombreuses jusqu’aux plantes qu’ildoit indiquer , pouvoit être un ordre naturel , et comme s’ilétoit possible de faire une seule division sans rompre quelquepart des rapports marqués.
Il ne faut qu’ouvrir l’ouvrage de M. de Tournefort, pour yreconnoîlre, si j’ose le dire, l’abus qu’il a fait de son esprit,en se retournant de mille manières, pour éviter de prétendusinconvéniens , dont il n’a pu cependant garantir sa méthode.
En effet, ce fut par le désir de conserver les rapports que,pour caractériser sa neuvième classe, il abandonna la considé-ration de la corolle, et n’employa que celle du fruit. Il auroitpu cependant s’appercevoir que , dans le peu de divisions qu’ilavoit faites, il avoil déjà rompu trop d’affinités, pour tenirencore à son opinion. Car, combien de plantes, dont les rap-ports sont très-frappans , se trouvent séparées par sa premièredistribution, qui met d’un côté les sous-abrisseaux et les herbes,et de l’autre, les arbrisseaux et les arbres, quoique d’ail-leurs cette distribution soit très-peu circonscrite, et devienne
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