PRÉLIMINAIRE. 5g
Quoiqu’il y ait beaucoup d’autres caractères qui différen-cient ces genres , il n’y en a pas qui les divisent plus simple-ment , plus nettement et plus e'galement que ceux dont je viensde faire usage. Cependant quelque effort que j’aie fait pour pa-rer aux difficultés qui naissent de l’irrégularité des genres , onverra bien que je n’ai pas toujours pu réussir pleinement; maisj’ose dire que ce n’est ni ma faute , ni celle des principes quej’emploie, et je ne doute pas que je ne parvinsse à porter dansl’analyse toute la sûreté dont elle est susceptible, si j’avois ac-quis le droit d'opérer une révolution en Botanique, et de for-mer de nouveaux genres à l’abri de toute variation.
La seconde règle , indiquée ci-dessus, exige que l’on arriveau but en général par la voie la plus courte , quand cet avan-tage peut se concilier avec celui de la plus grande sûreté. Or ,le moyen pour y réussir , est de préférer toujours les divisionsqui partagent l’ensemble des êtres le plus également possible.On a pu voir, daus le modèle d’analyse que j’ai donné au com-mencement de cet article, qu’à la réserve de la première divi-sion qui met huit plantes d’un côté et quatre de l’autre , ce quiétoit indispensable pour la certitude de la méthode, toutes lesautres divisions répartissent également les plantes auxquelleselles s’étendent..
Mais si, ayant à faire l’analyse de tout le règne végétal, jeeommengois par former la distribution suivante:
Fleurs dontles étamines très-sensibles sont toujours compo-rsées d’anthères sessiles.
Fleurs dont les étamines,lorsqu’elles sont sensibles, sontcomposées d’anthères pédicu-lées :
il est certain que, quelque défectueuse que fût d’ailleurs cettedistribution , elle partageroit le règne végétal si inégalement,que presque toutes les plantes connues seroient comprises dansle second membre. Or, si ce même membre étoit sous-diviséplusieurs fois de suite avec la même inégalité, il en résulteroitqu’un petit nombre de plantes serait indiqué par une voie très-abrégée, tandis qu’il s’en trouveroit une multitude d’autresauxquelles on n’arriveroit que par un travail considérable , et àtravers un nombre infini de divisions accumulées. Et quoiquel’on regagnât en quelque sorte d’un côté ce que l’on perdroit de
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