ACTION DES ORGANES. »6$Je ne fais qu’indiquer ici succinctement ces divers faits, sur les-ouels je reviendrai dans la suite.
184. Enfin, certains phénomènes, propres à un petit nombrede plantes, joints ayec les précédens , concourent à appuyer lathéorie de l’irritabilité. Ainsi, tout le monde sait que plusieursmimosa, et notamment la sensitive, ferment leurs folioles etabaissent leurs pétioles lorsqu’on leur imprime une agitation plusou moins forte. Ce phénomène se présente avec toutes les circons-tances d’un effet de l’irritabilité : d’après l’observa lion deM. Mir-fcel , il a lieu dès la germination et pendant toute la durée de laplante. Il se montre avec d’autant plus d’énergie , que l’individuest plus vigoureux. 11 est favorisé par la chaleur, et retardé par lefroid. M. Desfontaines a observé qu’en soumettant une sensitiveà une agitation continue , comme, par exemple, en la mettant dansune voiture, elle commence d’abord par fermer ses feuilles,puis s’habitue à ce mouvement, finit par n’eri pas être affectée ,épanouit ses feuilles comme dans l’état de repos , et les refermesi on vient à la toucher avec le doigt. Il a vu encore que, si, surles feuilles de deux sensitives , on place très-délicatement surl’une une goutte d’eau,sur l’autre une goutte d’acide sulfurique, lesfeuilles de la première ne donnent aucun signe de mouvement jmais dans la seconde, la feuille, placée immédiatement au-dessus du point où est l’acide sulfuiique, commence à se fer-mer j celles qui sont au-dessus se ferment successivement, tan-dis que celles du dessous ne s’ébranlent point. Cette même ex-périence , répétée par M. Desfontaines sur des mimosa non sen-sibles au tact, les force à fermer leurs feuilles comme celles dessensitives.
L’hedysarum gyrans a ceci de plus singulier encore, c’estque ses folioles sont spontanément dans un état d’oscillationpresque perpétuel, qui paroît accéléré par la chaleur jointe àl’humidité, mais qui d’ailleurs n’est nullement modifié par lesagens extérieurs. MM. Halle, Cels et Sylvestre ont même ob-servé que ce mouvement a lieu , dans les feuilles , et jusque dansles parties des feuilles détachées de la plante.
Pour expliquer ces faits remarquables, M. de Lamarck faitobserver qu’il s’échappe de toutes les plantes des fluides élas-tiques et invisibles} qu’il est possible que dans quelques-unesd’entre elles ces fluides soient retenus avant leur sortie dans cer-taines cellules ; alors, selon la disposition de ces cellules, tantôt
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