ACTION DES ORGANES. ai3
l°. Toutes les fleurs qui n’ont que des étamines , ne don-nent jamais de graines.
2 °. Toutes les fleurs qui n’ont que des pistils , ne donnent degraines fertiles qu’autant qu’elles ont auprès d’elles des fleurschargées d’étamines ; Gledjstch possédoit à Berlin un palmierfemelle qui , chaque année, fleurissait sans porter de fruit; ilfit venir de Dresde , par la poste , la poussière fécondante d’unpalmier mâle , la répandit sur les stigmates de la femelle , etcelle-ci porta des fruits pour la première fois.
5°. Lorsque, dons une fleur munie d'étamines et de pistils ,on supprime les étamines , le pistil ne donne point de grainesfécondes ; celte expérience a cté faite par Linné ; nous lavoyons répétée en grand lorsqu’il pleut à l’époque de la flcu-raison de la vigne ou du bled ; la pluie entraîne les anthères ,et un grand nombre d’ovaires avorte faute de fécondation.
4°. Lorsque , dans une fleur munie d’étamines et de pistil,on supprime ce dernier , la fleur ne porte aucune graine ; lamême chose a lieu si on coupe le style avant la fécondation ; etdans les ovaires à plusieurs loges et à plusieurs styles, lorsqu’oncoupe un des styles ou des stigmates , la loge correspondantedu fruit avorte nécessairement.
277 . 5°. Enfin, à ces preuves il en faut ajouter une dernière ,tirée des fécondations croisées ; lorsqu’on pose sur le stigmated’une fleur femelle le pollen d’une fleur mâle d’une autre es-pèce , on obtient souvent des graines , lesquelles produisent desindividus mixtes entre le père et la mère ; ces espèces de mu-lots végétaux ont reçu le nom A'hybrides ; cette expérience,faite par Linné , lui a suggéré l’idée bardie que les espècesde plantes étoient autrefois moins nombreuses qu’actuellement ;que leur nombre a augmenté et augmente encore par des croi-semens de races ; il a même cru reconnoître quelques-unes deces hybrides naturelles : mais observons que l’expérience esttrès-délicate à faire; qu’elle manque souvent, même avec lesplus grandes précautions; qu’elle exige la suppression totale desorganes de l’un des deux sexes , ce qui n’a jamais lieu dansla Nature; que les classes des plantes, comme les papiliona-cées, oh les organes sexuels sont très-rapprochés et enveloppésdans la corolle, offrent autant de variétés que celles oh lesfleurs sont très-ouvertes; et, d’après ces considérations, nous
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