EXPOSITION
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CHAPITRE IR.
Du Temps et de sa mesure.
Le temps est pour nous, l’impression que laisse dans la mémoire,une suite d’événemens dont nous sommes certains que l’existencea été successive. Le mouvement est propre à lui servir de mesure ;car un corps ne pouvant pas être dans plusieurs lieux à-la-fois, ilne parvient d’un endroit à un autre, qu’en passant successivementpar tous les lieux intermédiaires. Si à chaque point de la ligne qu’ildécrit, il est animé de la même force; son mouvement est uni-forme, et les parties de cette ligne peuvent mesurer le tempsemployé à les parcourir. Quand un pendule, à la fin de chaqueoscillation, se retrouve dans des circonstances parfaitement sem-blables; les durées de ses oscillations sont les mêmes, et le tempspeut se mesurer par leur nombre. On peut aussi employer à cettemesure, les révolutions de la sphère céleste, dans lesquelles toutparaît égal : mais on est unanimement convenu de faire usage pourcet objet, du mouvement du soleil dont les retours au méridien etau même équinoxe, ou au même solstice, forment les jours et lesannées.
Dans la vie civile, le jour est l’intervalle de temps qui s’écouledepuis le lever jusqu’au coucher du soleil : la nuit est le tempspendant lequel le soleil reste au-dessous de l’horizon. Le jour astro-nomique embrasse toute la durée de la révolution diurne : c’est letemps compris entre deux midis ou entre deux minuits consécutifs.Il surpasse la durée d’une révolution du ciel, qui forme le joursidéral; car si le soleil traverse le méridien au même instant qu’uneétoile; le jour suivant, il y reviendra plus tard en vertu de sonmouvement propre par lequel il s’avance d’occident en orient; et