3o EXPOSITION
Il n’en est pas de même des variations du plan de l’équateurlunaire. L'observation assidue des taches de la lune fit reconnaîtreà Dominique Câssini, que l’axe de cet équateur n’est point per-pendiculaire à l’écliptique, comme on l’avait supposé jusqu’alors,et que ses positions successives ne sont point exactement parallèles.Ce grand astronome fut conduit au résultat suivant, l’une de sesplus belles découvertes, et qui renferme toute la théorie astrono-mique de la libration réelle de la lune. Si par le centre de cet astre,on conçoit un premier plan perpendiculaire à son axe de rotation,plan qui se confond avec celui de son équateur ; si de plus, onimagine par le même centre, un second plan parallèle à celui del’éclipLique, et un troisième plan qui soit celui de l’orbe lunaire,en faisant abstraction des inégalités périodiques de son inclinaisonet des nœuds ; ces trois plans ont constamment une intersectioncommune; le second situé entre les deux autres, forme avec lepremier, un angle d’environ i°, 67, et avec le troisième, un anglede 5°,7i55. Ainsi, les intersections de l’équateur lunaire avec l’éclip-tique, ou ses nœuds, coïncident toujours avec les nœuds moyensde l’orbe lunaire, et comme eux, ils ont un mouvement rétrogradedont la période est de 6795i-,59o8i. Dans cet intervalle, les deuxpôles de l’équateur, et de l’orbe lunaire, décrivent de petits cerclesparallèles à l’écliptique , en comprenant son pôle entre eux, de ma-nière que ces trois pôles soient constamment sur un grand cerclede la sphère céleste.
Des montagnes d’une grande hauteur s’élèvent à la surface dela lune : leurs ombres projetées sur les plaines, y forment destaches qui varient avec la position du soleil. Aux bords de la partieéclairée du disque lunaire, les montagnes se présentent sous laforme d’une dentelure qui s’étend au-delà de la ligne de lumière,d’une quantité dont la mesure a fait connaître que leur hauteur estau moins de trois mille mètres. On reconnaît par la direction desombres, que la surface de la lune est parsemée de profondes ca-vités semblables aux bassins de nos mers. Enfin cette surface paraîtoffrir des traces d’éruptions volcaniques ; la formation de nouvellestaches, et des étincelles observées plusieurs fois dans sa partieobscure, semblent même y indiquer des volcans en activité.