DU SYSTÈME DU MONDE. 4g
les anciens astronomes, et qui consiste à faire mouvoir dans lesens direct, les trois planètes supérieures sur des épicycles dontles centres décrivent dans le même sens, des cercles autour de laterre. Il est visible qu’alors, si l’on conçoit la planète au point deson épicycle, le plus bas ou le plus voisin de la terre ; elle a danscette position, un mouvement contraire à celui de l’épicycle quitoujours est transporté parallèlement à lui-même; en supposantdonc que le premier de ces mouvemens l’emporte sur le second,le mouvement apparent de la planète sera rétrograde et à sonmaximum. Au contraire, la planète étant au point le plus élevé deson épicycle, les deux mouvemens conspirent, et le mouvementapparent est direct et le plus grand possible. En allant de la pre-mière à la seconde de ces positions, la planète continue d’avoir unmouvement apparent rétrograde qui diminue sans cesse, devientnul, et se change dans un mouvement direct. Mais l’observationfait voir que le maximum du mouvement rétrograde a constam-ment lieu, au moment de l’opposition de la planète avec le soleil;il faut donc que chaque épicycle soit décrit dans un temps égal àcelui de la révolution de cet astre, et que la planète soit à son pointle plus bas, lorsqu’elle est opposée au soleil. Alors on voit la raisonpour laquelle le diamètre apparent de la planète en opposite n, estason maximum. Quant aux deux planètes inférieures qui ne s’écartentjamais du soleil au - delà de certaines limites, on peut égalementexpliquer leurs mouvemens alternativement directs et rétrogrades,en les supposant mues dans le sens direct, sur des épicycles dont lescentres décrivent, chaque année et dans le même sens, des cerclesautour de la terre ; et en supposant de plus, qu’au moment où laplanète atteint le point le plus bas de son épicycle, elle est en con-jonction avec le soleil. Telle est l’hypothèse astronomique la plusancienne, et qui adoptée et perfectionnée par Ptolémée , a pris lenom de cet astronome.
Rien n’indique dans cette hypothèse, les grandeurs absolues descercles et des épicycles : les apparences ne donnent que les rapportsde leurs rayons. Aussi Ptolémée ne paraît pas s’être occupé derechercher les distances respectives des planètes à la terre ; seu-lement, il supposait plus éloignées, les planètes supérieures dont la
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