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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 5i

de Ptolémée , ce rapport est à fort peu près celui du rayon del’orbite de Saturne , au rayon de son épicycle; d’où il suit que cetépicyclc est égal à l’orbite solaire, et qu’ainsi Saturne décrit à peuprès un cercle autour du soleil. Les phases observées dans les deuxplanètes inférieures, prouvent évidemment qu’elles se meuvent au-tour du soleil. Suivons, en effet, le mouvement de Vénus , et lesvariations de son diamètre apparent et de ses phases. Lorsque, lematin, elle commence à se dégager des rayons du soleil, on l’aper-çoit avant le lever de cet astre, sous la forme d’un croissant, etson diamètre apparent est à son maximum y elle est donc alorsplus près de nous que le soleil, et presque en conjonction avec lui.Son croissant augmente et son diamètre apparent diminue, à me-sure qu’elle s’éloigne du soleil. Parvenue à cinquante degrés environde distance de cet astre, elle s’en rapproche en nous découvrantde plus en plus son hémisphère éclairé : son diamètre apparentcontinue de diminuer jusqu’au moment où elle se plonge le matin,dans les rayons du soleil. A cet instant, Vénus nous paraît pleine,et son diamètre apparent est à son minimum; elle est donc danscette position, plus foin de nous, que le soleil. Après avoir disparupendant quelque temps, cette planète reparaît le soir, et reproduitdans un ordre inverse, les phénomènes qu’elle avait montrés avantsa disparition. Son hémisphère éclairé se détourne de plus en plusde la terre : ses phases diminuent, et en même temps, son dia-mètre apparent augmente à mesure qu’elle s’éloigne du soleil. Par-venue à cinquante degrés environ de distance de cet astre, ellerevient vers lui : ses phases continuent de diminuer, et son dia-mètre, d’augmenter, jusqu’à ce qu’elle se plonge de nouveau dansles rayons solaires. Quelquefois, dans l’intervalle qui sépare sa dis-parition du soir, de sa réapparition du matin, on la voit sous laforme d’une tache, se mouvoir sur le disque du soleil. Il est claird’après ces phénomènes, que le soleil est à peu près au centre del’orbite de Vénus , qu’il emporte en même temps qu’il se meut au-tour de la terre. Mercure nous offre des phénomènes semblables àceux de Vénus ; ainsi le soleil est encore au centre de son orbite.

Nous sommes donc conduits par les apparences des mouvemenset des phases des planètes, à ce résultat général, savoir, que tous