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DU SYSTÈME DU MONDE.
Sciences, que la durée du retour de la comète à son périhélie ,serait d’environ 618 jours, plus longue dans la période actuelle,que dans la précédente ; et qu’en conséquence, la comète passc-serait à son périhélie, vers le milieu d’avril 1769. Il observa enmême temps , que les petites quantités négligées dans ses approxi-mations , pouvaient avancer ou reculer ce terme, d’un mois : ilremarqua d’ailleurs , « qu’un corps qui passe dans des régions aussi» éloignées, et qui échappe à nos yeux pendant des intervalles aussi» longs , ponrrait être soumis à des forces totalement inconnues ,» telles que l’action des autres comètes , ou même de quelque» planète toujours trop distante du soleil, pour être jamaisy> aperçue. » Le Géomètre eut la satisfaction de voir sa prédictionaccomplie : la comète passa au périhélie , le 12 mars 1769, dans leslimites des erreurs dont il croyait son résultat susceptible. Aprèsune nouvelle révision de ses calculs , Clairaut a fixé ce passage au4 avril, et il l’aurait avancé jusqu’au 24 mars, c’est-à-dire à douzejours seulement de distance de l’observation ; s’il eût employé lavaleur de la masse de Saturne , donnée dans le chapitre précédent.Cette différence paraîtra bien petite, si l’on considère le grandnombre de quantités négligées, et l’influence qu’a pu avoir la planèteUranus dont l’existence au temps de Clairaut , était inconnue.
Remarquons à l’avantage des progrès de l’esprit humain, quecette comète qui, dans le dernier siècle , a excité le plus vif intérêtparmi les Géomètres et les Astronomes , avait été vue d’une ma-nière bien différente, quatre révolutions auparavant, en i456. Lalongue queue qu’elle traînait après elle, répandit la terreur dansl’Europe déjà consternée par la rapidité des succès des Turcs quivenaient de renverser le Bas-Empire j et le pape Calixte ordonnades prières publiques, dans lesquelles on conjurait la comète et lesTurcs. On était loin de penser, dans ces temps d’ignorance, que lanature obéit toujours à des lois immuables. Suivant que les phéno-mènes arrivaient et se succédaient avec régularité, ou sans ordreapparent, on les faisait dépendre des causes finales, ou du hasard ;et lorsqu’ils offraient quelque chose d’extraordinaire, et semblaientcontrarier l’ordre naturel, on les regardait comme autant de signesde la colère céleste. Mais ces causes imaginâmes ont été succcssi-