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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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5x4 EXPOSITION

attirent les molécules de l’autre fluide suivant la loi des attractionscélestes; on peut leur appliquer les formules relatives à ces attrac-tions. C’est ainsi que je suis parvenu à démontrer que le fluideélectrique dans un corps conducteur doit, pour l’équilibre, seporter en entier à la surface où il forme une coudre extrêmementmince contenue par l’air qui l’enveloppe. Sa répulsion est nulledans son intérieur; mais à sa surface extérieure, elle est à chaquepoint, proportionnelle à l’épaisseur de la couche : la pression qu’unde ses points extérieurs éprouve, et en vertu de laquelle il tendà s’échapper, est proportionnelle au carré de cette épaisseur. Surun ellipsoïde quelconque, les deux surfaces extérieure et intérieurede la couche, sont semblables et concentriques à la surface del’ellipsoïde : si l’ellipsoïde est de révolution et alongé, la tendance dufluide à s’échapper aux pôles, est à sa tendance à s’échapper àl’équateur, dans le rapport du carré du grand axe au carré du petitaxe; ce qui donne une explication mathématique du pouvoir despointes. Mais la distribution des fluides électriques sur un corpsde figure quelconque, ou sur plusieurs corps en présence les unsdes autres, est un problème d’une extrême difficulté, qui peutdonner lieu à des recherches analytiques très-curieuses; car lasolution de ces questions difficiles, a l’ayantage de perfectionnerà-la-fois la physique et l’analyse. Déjà Poisson, par une analyse fortingénieuse, est parvenu à déterminer la loi suivant laquelle l’élec-tricité se répand à la surface de deux sphères en présence l’unede l’autre. L’accord de ses résultats avec les expériences deCoulomb, confirme la justesse du principe qui leur sert de base.On doit au reste considérer toutes ces forces, comme des conceptsmathématiques propres à les soumettre au calcul, et non commedes qualités inhérentes aux molécules électriques. Il est possiblequ’elles soient des résultantes d’autres forces analogues aux affinitésqui ne sont sensibles par elles-mêmes, qu’extrêmement près ducontact, mais dont l’action, au moyen de fluides intermédiaires,est transmise à des distances sensibles, et en raison inverse ducarré de ces distances. Les attractions des petits corps qui nagentà la surface des liquides, nous fourniront dans le chapitre suivant,un exemple remarquable de ces transmissions.