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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE.

de ce liquide dans un tube de verre, large d’un millimètre , actionéquivalente, suivant l’expérience, à une colonne d’eau de trentemillimètres ; cette force surpassera donc la pression d’une colonned’eau de six cents mètres. Une pression aussi considérable com-prime fortement les couches intérieures de ce liquide, et accroîtleur densité qui par cette raison, doit surpasser celle d’une lamed’eau isolée, d’une épaisseur plus petite que la sphère d’activitésensible de ses molécules. Est-il invraisemblable de supposer quece cas est celui de l’enveloppe aqueuse des vapeurs vésiculairesqui par là deviennent beaucoup plus légères ?

L’attraction moléculaire est la cause de l’agrégation des moléculeshomogènes et de la solidité des corps. Elle est la source des affinitésdes molécules hétérogènes. Semblable à la pesanteur, elle ne s’arrêtepoint à la superficie des corps -, mais elle les pénètre, en agissantau-delà du contact à des distances imperceptibles : c’est ce que lesphénomènes capillaires montrent avec évidence. De là dépendl’influence des masses dans les affinités chimiques, ou cette capacitéde saturation, dont Berthollet a si heureusement développé les effets.Ainsi deux acides, en agissant sur une même base, se la partagenten raison de leurs affinités avec elle -, ce qui n’aurait point lieu,si l’affinité n’agissait qu’au contact ; car alors l’acide le plus puissantretiendrait la base entière. La figure des molécules, l’électricité, lachaleur, la lumière, et d’autres causes, en se combinant aveccette loi générale, modifient ses effets. Des expériences de Gaj-Lussacsur les phénomènes capillaires des mélanges formés de proportionsdiverses d’eau et d’alcohol, semblent indiquer ces modifications ; carces phénomènes ne suivent point exactement les lois qui résultentdes attractions respectives des deux fluides mêlés ensemble, etdes pesanteurs spécifiques.

Ici se présente une question intéressante. La loi de l’attractionmoléculaire, relative aux distances, est-elle la même pour tousles corps? Cela semble résulter du phénomène général observépar Rither, et qui consiste en ce que les rapports des bases quisaturent un acide, sont les mêmes pour tous les acides : dans cecas, la loi de la capillarité est aussi la même pour tous les liquides.

Les molécules d’un corps solide, ont la position dans laquelle

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