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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 5^

ensemble. Une molécule sphérique d’un rayon égal à un millionièmede mètre, devrait avoir une densité plus de six mille milliards defois plus grande que la densité moyenne de la terre, pour exercerà sa surface, une attraction égale à la pesanteur terrestre; or lesforces attractives des corps surpassent considérablement cettepesanteur, puisqu’elles infléchissent visiblement la lumière dont ladirection n’est point changée sensiblement par l’attraction de laterre. La densité des molécules surpasserait donc incomparablementcelles des corps, si leurs affinités n’étaient qu’une modification de lapesanteur universelle. Au reste, rien n’empêche d’adopter cettemanière d’envisager tous les corps : plusieurs phénomènes et entreautres, la facilité avec laquelle la lumière traverse dans tous lessens, les corps diaphanes, lui sont très-favorables. Nous avonsd’ailleurs dans l’extrême rareté des queues des comètes, un exemplefrappant de la porosité presque infinie des substances vaporisées ,et il n’est point absurde de supposer la densité des corps terrestres,moyenne entre une densité absolue et celle des vapeurs. Les affinitésdépendraient alors de la forme des molécules intégrantes et de leurspositions respectives ; et l’on pourrait, par la variété de ces formes,expliquer toutes les variétés des forces attractives, et ramenerainsi à une seule loi générale, tous les phénomènes de la Physiqueet de l’Astronomie. Mais l’impossibilité de connaître les figures desmolécules et leurs distances mutuelles, rend ces explications, vagueset inutiles à l’avancement des sciences.