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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 5 7 5

de son trône et de ses goûts, son fils Ptolémée Philadelphe lesy fixa par une protection particulière. Il leur donna pour demeure,un vaste édifice qui renfermait un observatoire, et cette fameusebibliothèque que Démétrius de Phalère rassembla avec tant desoins et de dépense. Ayant ainsi les instrumens et les livres quileur étaient nécessaires; ils se livraient sans distraction, à leurstravaux quexcitait encore la présence du prince qui venait sentre-tenir souvent avec eux. Le mouvement imprimé aux sciencespar cette école, et les grands hommes quelle produisit ou qui luifurent contemporains, font de lépoque des Ptolémées , lune desplus mémorables de lhistoire de lesprit humain.

Aristide et Timocharis furent les premiers observateurs delécole dAlexandrie : ils fleurirent vers lan 3oo avant notre ère.Leurs observations sur la position des principales étoiles duzodiaque, firent découvrir à Hipparque , la précession des équi-noxes, et servirent de base à la théorie que Ptolémée donna dece phénomène.

Le premier Astronome que cette école nous offre après eux, estAristarque de Samos . Les élémens les plus délicats de lAstronomie paraissent avoir été lobjet de ses recherches : malheureusement,elles ne sont point parvenues jusquà nous. Le seul de ses ouvrages,qui nous reste, est son Traité des grandeurs et des distancesdu soleil et de la lune, dans lequel il expose la manière ingénieusedont il essaya de déterminer le rapport de ces distances. Aristarque mesura langle compris entre les deux astres, au moment iljugea lexacte moitié du disque lunaire, éclaiiée. A cet instant,le rayon visuel mené de loeil de lobservateur, au centre de lalune, est perpendiculaire à la ligne qui joint les centres de la luneet du soleil ; ayant donc trouvé langle à lobservateur, plus petitque langle droit, dun trentième de cet angle; il en conclut que lesoleil est dix-neuf fois plus éloigné de nous, que la lune ; résultat quimalgré son inexactitude, reculait les bornes de lunivers, beaucoupau-delà de celles quon lui assignait alors. Dans ce Traité, Aristarque suppose les diamètres apparens du soleil et de la lune, égaux entreeux et à la 180 partie de la circonférence, valeur beaucoup tropgrande ; mais il corrigea dans la suite, cette erreur ; car nous