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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 5gx

ouverture, que Cocheou-King comptait la hauteur du gnomon :il mesurait lombre, jusquau centre de limage du soleil. «Jusquici,» dit-il, on nobservait que le bord supérieur du soleil, et lon» avait de la peine à distinguer le terme de lombre : dailleurs, le» gnomon de huit pieds dont on sest constamment servi, est» trop court. Ces motifs mont porté à faire usage dun gnomon» de quarante pieds, et à prendre le centre de limage. » Gaubildont nous tenons ces détails, nous a communiqué plusieurs de cesobservations faites depuis 1277 jusquen 1280: elles sont précieusespar leur exactitude, et prouvent dune manière incontestable, lesdiminutions de lobliquité de lécliptique, et de lexcentricité delorbe terrestre, depuis cette époque jusquà nos jours. Cocheou-King détermina avec une précision remarquable, la position dusolstice dhiver par rapport aux étoiles en 1280 : il le faisait coïncideravec lapogée du soleil; ce qui avait eu lieu trente ans auparavant:la grandeur quil supposait à lannée, est exactement celle de notreannée grégorienne. Les méthodes chinoises pour le calcul deséclipses, sont inférieures à celles des Arabes et des Perses : lesChinois nont point profité des connaissances acquises par cespeuples, malgré leurs communications fréquentes avec eux ; ils ontétendu à lAstronomie elle-même, lattachement constant quilsportent à leurs anciens usages. ( Note VI. )

Lhistoire de lAmérique , avant sa conquête par les Espagnols,nous offre quelques vestiges dAstronomie ; car les notions les plusélémentaires de cette science, ont été chez tous les peuples, lespremiers fruits de leur civilisation. Les Mexicains avaient au lieude la semaine, une petite période de cinq jours : leurs mois étaientchacun de vingt jours, et dix-huit de ces mois formaient leur annéequi commençait au solstice dhiver, et à laquelle ils ajoutaient cinqjours complémentaires. Il y a lieu de penser quils composaientde la réunion de cent quatre ans, un grand cycle dans lequel ilsintercalaient vingt-cinq jours. Cela suppose une durée de lannéetropique, plus exacte que celle dHipparque , et, ce qui est remar-quable, elle est la même à très-peu près que lannée des AstronomesdAlmamon. Les Péruviens et les Mexicains observaient avec soin,les ombres du gnomon, aux solstices et auxjéquinoxes : ils avaient