4oo EXPOSITION
au mouvement de la terre, et peut-être entraîné par la vanité dédonner son nom à un système astronomique, Ticho-Brahé méconnutcelui de la nature. Suivant lui, la terre est immobile au centre del’imivers : tous les astres se meuvent, chaque jour, autour de l’axedu monde; et le soleil, dans sa révolution annuelle, emporte aveclui, les planètes. Dans ce système qui, selon l’ordre naturel desidées, aurait dû précéder celui de Copernic , les apparences sontles mêmes que dans la théorie du mouvement de la terre. On peutgénéralement considérer tel point que l’on veut, par exemple, lecentre de la lune, comme immobile; pourvu que l’on transporte ensens contraire , à tous les astres, le mouvement dont il est animé.Mais n’est-il pas physiquement absurde de supposer la terre sansmouvement dans l’espace, tandis que le soleil entraîne les planètesau milieu desquelles elle est comprise? La distance de la terre ausoleil, si bien d’accord avec la durée de sa révolution, dans l’hypo-thèse de son mouvement, pouvait-elle laisser des doutes à unesprit fait pour sentir la force de l’analogie ; et ne doit-on pas direavec Kepler, que la nature proclame ici, d’une voix haute, la véritéde cette hypothèse? Il faut l’avouer, Ticho, quoique grand obser-vateur, ne fut pas heureux dans la recherche des causes : sonesprit peu philosophique fut même imbu des préjugés de l’Astro-logie judiciaire qu’il a essayé de défendre. Il serait cependant injustede le juger avec la même rigueur,, que celui qui se refuserait, denos jours, à la théorie du mouvement de la terre, confirmée par lesnombreuses découvertes faites depuis, en Astronomie . Les difficultésque les illusions des sens opposaient alors à cette théorie, n’avaientpoint encore été résolues. Le diamètre apparent des étoiles, supé-rieur à leur parallaxe annuelle, donnait à ces astres, dans cettethéorie, un diamètre réel plus grand que celui de l’orbe terrestre :le télescope, en les réduisant à des points lumineux, a fait dis-paraître cette grandeur invraisemblable. On ne concevait pascomment les corps détachés de la terre, pouvaient en suivre lesmouvemens. Les lois de la mécanique ont expliqué ces apparences :elles ont fait voir, ce que Ticho trompé par une expérience fautive,refusait d’admettre, qu’un corps en partant d’une grande hauteur,£t abandonné à la seule action de la gravité, retombe à très-peu