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Fouille , et l’été dans les pâtures fraiches et ombragées desmontagnes des Abruzzes .
Mais tout ceci ne faisait des habitants de la Marsique niune population agricole, ni une population de pasteurs dans levrai sens des mots , ce n’étaient que de robustes et laborieuxmanouvriers qui, faute de trouver à exercer leur force utilementchez eux pendant toute l’année, étaient obligés d’aller au loinen chercher l’emploi.
Une déplorable idée militaire et politique avait puissammentcontribué à laisser systématiquement la Marsique et une partiedes Abruzzes dans l’état d’isolement et d’abandon où elles étaientencore il y a vingt-cinq ans. On s’était imaginé que ces paysformant la plus grande longueur de la frontière du côté desEtats Pontificaux , devaient être conservés sans voies de com-munication, afin de les rendre le moins possible accessibles àune armée ennemie. Cette idée passablement ridicule, dominaittellement dans les hautes sphères militaires du Gouvernementnapolitain qu’il préféra manquer de parole au Pape Grégoire XVI ,si nous ne trompons, plutôt que de renoncer à sa théorie. Il avaitété convenu à une certaine époque qu’une route carrossablemènerait de Rome à Naples en suivant la vallée de l’Aniojusqu’à Arsoli et de là, franchissant la frontière à Carsoli , elledevait arriver sur le plateau du Fucino , d’où elle descendrait àSora et à Naples par la vallée du Liri. Le Pape fit bien construiretoute la partie de la route qui traversait ses Etats; mais sousprétexte qu’il devait avant tout construire à la frontière unecitadelle de première force, le Gouvernement napolitain ne voulutjamais s’occuper de la route qu’il s’était engagé à faire. Cesystème appartenant plus à la barbarie du moyen-âge qu’à lacivilisation moderne, maintint donc la Marsique dans desconditions exceptionnellement mauvaises pour son développementéconomique et condamnait celui de ses enfants qui voulait avoirun travail assuré pendant toute l’année, à aller le chercher dansd’autres contrées.
A toutes les graves conséquences qui résultent pour un paysdu manque de débouchés et de relations faciles avec ceux qui