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pour faire de petites entreprises de fournitures de matériaux,les autres pour prendre des travaux de terrassement et de déblai;qui, se chargea de fournir et transporter les roches nécessairesau revêtement de la digue , qui, se fît chauffournier ; ceux-ciprirent la fourniture des bois de toute espèce, ceux-là l’entreprisede transports par terre et par eau, enfin peu-à-peu l’activité etl’industrie s’éveillèrent chez ces hommes condamnés auparavantà végéter sans ressource dans leur pays ou à s’expatrier. Onn’émigra plus des villages qui fournissaient ces ouvriers et quandvinrent des années comme celles de 1856 et 1857, où la cruedu lac avait déjà fait disparaître des étendues considérables deterritoire, et où le prix des denrées était fort élevé par le manquedes récoltes, chacun put aisément traverser ces moments critiquessans abandonner ses foyers comme cela aurait eu lieu si lestravaux du Fucino n’avaient pas été en activité.
Ces premières influences de l’entreprise du prince Torloniaont si promptement dépassé les effets qu’on en attendait, queceux qui les avaient prévus furent surpris eux-mêmes de larapidité avec laquelle elles se développèrent. Le temps arrivad’ailleurs, où les esprits les moins observateurs purent se con-vaincre des changements profonds que les travaux du Fucino avaient apportés dans les conditions morales et économiques despopulations voisines du lac. Combien n’a-t-on pas redouté et nonsans quelque raison, au moment où le brigandage ensanglantaitquelques unes des provinces napolitaines après les événementsde 1860, de le voir choisir la Marsique pour y établir une sortede quartier général ; tout semblait l’y inviter, non seulement lanature montagneuse du pays, mais sa proximité d’uné frontièrederrière laquelle le brigand trouvait un refuge assuré ; et ce-pendant, si des bandes ont souvent traversé, erré même pendantquelque temps dans les montagnes de l’arrondissement d’Avezzano ,aucune n’a pu s’y établir, comme elles l’on fait dans d’autres provin-ce; les brigands ne venaient là que lorsqu’ils étaient trop vivementtraqués dans ces provinces et ils y retournaient bientôt ou