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gagnaient le territoire romain, ne faisant dans le pays qu’un sipetit nombre de recrues qu’on en a été étonné. Or, nous n’hésitonspas à affirmer qu’un semblable résultat est en très grande partiedû à l’entreprise, alors en grande activité, du dessèchement duFucino et au bien-être qu’elle avait déjà produit dans les po-pulations qu’elle occupait; ne serait-ce que sous ce rapportseulement qu’on envisagea l’oeuvre du prince Torlûnia et déjàil faudrait l’estimer comme grandement patriotique et humanitaire.En montrant à ces hommes un avenir assuré dans le travail,ne les a-t-elle pas soustraits aux conseils, aux instigations perfidesqui, dans les temps de troubles ne manquent pas de chercher àcirconvenir les classes inférieures et à les entraîner dans lamauvaise voie? Ce n’est certes pas le bénéfice qu’ont pu faireles propriétaires dans les ventes plus avantageuses de leurs vinsqui pouvait avoir une semblable influence, ce bénéfice allaits’entasser en grande partie dans leurs coffres ou prendre uneautre forme à laquelle ces classes inférieures restaient étrangèrestandis que l’argent du prince Torlonia circulait avec activitéparmi elles, les maintenant insensibles aux mauvaises suggestionset fermes dans la ligne du devoir.
Du reste, ce que nous disons ici n’est, dans certaines limites,qu’une appréciation morale et laisse par conséquent à chacun laliberté de donner à ces limites l’extension qui lui plaît ; nousdevons surtout, pour évaluer la part d’influence réelle que l’entre-prise du Fucino a eu, sur l’augmentation de la richesse générale,chercher à nous baser sur des faits positifs.
Il n’est pas possible d’avancer aucun chiffre qui puisse avoirla prétention d’exprimer avec quelqu’apparence de justesse lapartie des immenses sommes dépensées depuis 22 ans parl’entreprise du prince Torlonia qui est restée dans la Marsique ety a formé un nouveau capital. On ne doit pas perdre de vuecependant que pendant la majeure partie de la durée des travaux,