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1783 - 1800.
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HISTOIRE DES BALLONS

ment pour un billet de six livres. On prit des mesures dordre enprévision de laffluence détrangers que cette ascension allait atti-rer à Lille , et le départ fut fixé pour le 25 avril, jour de la fête dela Saint-Louis; mais à cause du mauvais temps, il fut remis aulendemain. Chose singulière, qui se trouve enregistrée dans lesarchives de la ville de Lille : dans la crainte que laéronaute netint pas sa promesse, le magistrat le fit garder à vue.

Quelques jours auparavant, Blanchard avait fait à lHôpitalgénéral et au Grand Magasin lexpérience du parachute, et le 26,dès laube, il commença les préparatifs du gonflement de sonballon, sur le Champ de Mars de Lille , près de lEsplanade.

Blanchard monta dans la nacelle un peu avant onze heures,avec son compagnon de voyage, le chevalier de lEspinard; quel-ques coups de vent assez forts rendirent le départ difficile ;lascension nen eut pas moins lieu à onze heures quarante-cinqminutes. Les voyageurs déjeunèrent gaîment au milieu des airs;ils burent une bouteille de vin que le prince de Ghistelles leuravait donnée, et sur laquelle il avait collé linscription suivante :Vin de Calabre destiné à être bu dans les deux par les aéronautesM. Blanchard et le chevalier de lEspinard.

« Nous le savourâmes dautant mieux, dit Blanchard, que nousnavions pas eu le temps de manger avant de partir et que lairétait très vif... »

Lascension offrit un grand intérêt au point de vue météorolo-gique; on va le voir par quelques extraits que nous empruntonsà la narration officielle du voyage :

« A midi et trois quarts, nous étions dans un silence parfait etjouissant du plus beau ciel. Les nuages sétaient tellement amon-celés quils nous avaient dérobé la terre; il nous semblait que nousvoguions sur une mer en tempête, dont les flots écumaient, aveccette différence quaucun bruit ne se faisait entendre. Nous obser-vâmes lombre de notre globe qui se projetait sur la surface iné-gale des nuages, et à cette ombre on voyait un arc-en-ciel quijetait les couleurs du prisme les plus vives...

» A une heure dix minutes, nous descendîmes dans un nuage,et après lavoir traversé, nous découvrîmes deux villes, lune à