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Livre I. L'Europe méridionale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

qui aient échappé au regard des hommes de science. Chose étrange et bienfaite pour nous humilier dans notre orgueil de civilisés! parmi les contréesque nous ne connaissons pas encore, il en est qui seraient parfaitementaccessibles si elles n’étaient défendues que par la nature : ce sont d’autreshommes qui nous en interdisent l’approche. Nombre de peuples ayant desvilles, des lois, des mœurs relativement policées, vivent isolés et inconnuscomme s’ils avaient pour demeure une autre planète; la guerre et seshorreurs, les pratiques de l’esclavage, le fanatisme religieux et jusqu’àla concurrence commerciale veillent à leurs frontières et nous en barrentl’entrée. De vagues rumeurs nous apprennent seulement l’existence de cespeuples; il en est même dont nous ne savons absolument rien et surlesquels la fable s’exerce à son gré. C’est ainsi que dans ce siècle de lavapeur, de la presse, de l’incessante et fébrile activité, le centre del’Afrique, une partie du continent australien , l’ile pourtant si belle etprobablement si riche de la Nouvelle-Guinée , et de vastes plateaux del’intérieur de l’Asie sont toujours pour nous le domaine de l’inconnu. Lesrégions mômes où la plupart des savants aiment à voir le berceau desAryens, nos principaux ancêtres, n’ont encore été que très-vaguementexplorées.

Quant aux contrées déjà visitées par les voyageurs et figurées surnos cartes avec un réseau d’itinéraires, on ne saurait espérer de lesconnaître dans le détail de leur géographie intime avant de les avoirsoumises à une longue série d’études comparées. Que de temps il faudrapour rejeter les contradictions, les erreurs de toute espèce que les explo-rateurs mêlent à leurs descriptions et à leurs récits ! Quel prodigieuxlabeur demandera la connaissance parfaite du climat, des eaux et desroches, des plantes et des animaux! Que d’observations classées et raison-nées pour qu’il soit possible d’indiquer les modifications lentes quis’accomplissent dans l’aspect et les phénomènes physiques des diversescontrées ! Que de précautions à prendre pour savoir constater avec certitudeles changements qui s’opèrent par le jeu spontané de l’organisme terrestre,et les transformations dues à la bonne ou mauvaise gestion de l’homme!Et pourtant c’est là qu’il faut en arriver pour se hasarder à dire que l’onconnaît la Tt\rre.

Ce n’est pas tout. Par une pente naturelle de notre esprit, c’est à nous-mêmes, c’est à l’homme considéré comme centre des choses, que nousessayons de ramener toute étude; aussi la connaissance de la planètedoit-elle se compléter nécessairement, se justifier pour ainsi dire par celledes peuples qui l’habitent. Mais si le sol qui porte les hommes est peu