CHAPITRE IV
I
vue d'ensemble
La Grèce politique, resserrée dans ses étroites limites au sud des golfesde Yolo et d’Arta, est une contrée d’environ 50,000 kilomètres carrés, re-présentant au plus la dix-millième partie de la surface terrestre. En d’im-menses territoires comme celui de l’empire russe , des districts plus vastes<{ue la Grèce n’ont rien qui les distingue des régions environnantes, etleur nom éveille à peine une idée dans l’esprit. Mais combien au contrairece petit pays des Hellènes, si insignitiant sur nos caries en comparaison desgrands royaumes, nous rappelle de souvenirs! Nulle part l’humanité n’at-teignit un degré de civilisation plus harmonieux dans son ensemble et plusfavorable au libre essor de l’individu. De nos jours encore, quoique entraî-nés dans un cycle historique bien autrement vaste que celui des Grecs, nousdevons toujours reporter nos regards en arrière pour contempler ces petitspeuples qui sont restés nos maîtres dans les arts, et qui furent nos initia-teurs dans les sciences. La ville qui fut « l’école de la Grèce » est encorepar son histoire et ses exemples l’école du monde entier. Après vingt sièclesde déchéance, elle n’a cessé de nous éclairer, comme ces étoiles déjà étein-tes dont les rayons continuent d’illuminer la terre.
C’est évidemment à la situation géographique de la Grèce qu’il faut attri-buer le rôle si considérable qu’ont rempli ses peuples pendant une longuepériode de l’histoire universelle. En effet, des tribus de même origine, maishabitant des contrées moins heureuses, notamment les Pélasges de l’Illyrie ,que l’on croit être les ancêtres des Albanais, n’ont pu s’élever au-dessus de