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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
la vie barbare, tandis que les Hellènes se plaçaient à la tête des nationspolicées et leur frayaient des voies inexplorées jusqu’alors. Si la Grèce qui,dans la période géologique actuelle, est si merveilleusement découpée parles flots, avait continué d’être ce qu’elle fut pendant la période tertiaire,une vaste plaine continentale rattachée aux déserts de la Libye et parcouruepar les grands lions et les rhinocéros, aurait-elle pu devenir la patrie dePhidias, d’Eschyle et de Démosthènes '? Non, sans doute. Elle serait restéece qu’est aujourd’hui l’Afrique , et loin d’avoir pris, comme elle l’a fait,l’initiative de la civilisation, elle eût attendu que l’impulsion lui vînt dudehors. Il est vrai que, par suite de cette ampleur grandissante de l’horizonqu’ont donnée les voyages, les découvertes, les routes de commerce, la Grèce s’est rapetissée peu à peu en proportion du monde connu; elle a fini parperdre les privilèges que lui avaient assurés d’abord sa position géographi-que et la forme heureuse de ses contours.
La Grèce , péninsule de la presqu’île des Balkans , avait, plus encore quela Thrace et la Macédoine , l’avantage d’être complètement fermée du côtédu nord par des barrières transversales de montagnes; aussi, grâce à cesremparts protecteurs, la culture hellénique a-t-elle pu se développer sansavoir à craindre d’être étouffée dans son germe par des invasions successivesde barbares. Au nord et à l’est de la Thessalie, l’Olympe, le Pélion , l’Ossa constituent déjà, du côté de la Macédoine , de premiers et formidables obs-tacles. Aux limites de la Grèce actuelle et de la Thessalie, se dresse unedeuxième barrière, la chaîne abrupte de l’Othrys. Au détour du golfe deLamia, nouvel obstacle : la rangée de l’Œla ferme le passage ; il faut seglisser entre les rochers et la mer par l’étroit défilé des Thermopyles. Aprèsavoir traversé les monts de la Locridc pour redescendre dans le bassin deTlièbes, il reste encore à franchir le Parnès ou les contre-forts du Cithéronavant de gagner les plaines de l’Attique. Au delà, l’isthme est encore dé-fendu par d’autres barrières transversales, remparts extérieurs de la grandecitadelle montagneuse du Péloponèse , « l’acropole de la Grèce ». On asouvent comparé l’IIellade à une série de chambres aux portes solidementverrouillées; il était difficile d’y entrer, plus difficile encore d’en sortir, àcause de ceux qui les défendaient. « La Grèce est faite comme un piège àtrois fonds, dit Michelet. Vous pouvez entrer et vous vous trouvez pris enMacédoine , puis en Thessalie, puis entre les Thermopyles et l’istlnnc ».Mais c’est au delà de l’istlnne surtout qu’il devient difficile de pénétrer;aussi Lacédémone fut-elle longtemps inattaquable.
A une époque où la navigation, même sur les eaux presque ferméescomme l’Archipel , était fort périlleuse, la Grèce se trouvait suffisamment