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Livre I. L'Europe méridionale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

cest ainsi que le moindre îlot de lArchipel a pu fournir des grands hommesà lhistoire.

Mais si, par le relief du sol, par la multitude de ses îles et de ses bassinspéninsulaires, la Grèce est diverse à linfini, elle est une par la mer qui labaigne, la pénètre, la découpe en franges et lui donne un développementde côtes extraordinaire. Les golfes et les innombrables ports de lHelladeont fait de leurs riverains un peuple de matelots, des « amphibies », ainsique le disait Strabon ; les Grecs ont pris quelque chose de la mobilité desflots. De tout temps ils se sont laissé entraîner par la passion des voyages.Dès que les habitants dune cité étaierit un peu trop nombreux pour le solqui leur fournissait la subsistance, ils se hâtaient dessaimer comme unetribu dabeilles; ils couraient les rives de la Méditerranée pour y trouverun site qui leur rappelât la patrie et pour y élever une nouvelle acropole.Cest ainsi que des Palus-Méolides jusquau delà des colonnes dIIercule,de Tanaïs et de Panticapée à Gadès et à Tingis, la moderne Tanger ,surgirent partout des villes helléniques. Grâce à ces colonies éparses, dontplusieurs dépassèrent de beaucoup en gloire et en puissance leurs anciennesmétropoles, la véritable Grèce , celle des sciences, des arts et de lautonomierépublicaine, finit par déborder largement hors de. son berceau et par occu-per sporadiquement tout le pourtour du monde méditerranéen. Relative-ment à ce qui formait lUnivers des anciens, les Grecs étaient ce que lesAnglais sont aujourdhui par rapport à la terre entière. Lanalogie remar-quable que la petite péninsule de Grèce et les îles voisines présentent aveclarchipel de la Grande-Bretagne, située précisément à lautre extrémité ducontinent, se retrouve aussi dans le rôle des nations qui les habitent. Lesmômes avantages géographiques ont, dans un autre milieu et dans un autrecycle de lhistoire, amené des résultats de même naturelle la mer Égée auxeaux de lAngleterre, une sorte de polarité sest produite à travers les tempset lespace.

Ladmiration que les voyageurs éprouvent à la vuô de la Grèce pro-vient surtout des souvenirs qui sattachent à chacune de ses ruines, aumoindre de ses ruisselcts, aux plus faibles écueils de ses mers. Tel site dela Provence ou de lEspagne , qui ressemble aux plus beaux paysages delHellade ou qui même leur est supérieur par la grâce ou la hardiesse deslignes, nest connu que dun petit nombre dappréciateurs, et la foule indif-férente passe en le regardant à peine; cest quil ne porte point le nom cé-lèbre de Marathon , de Leuctres ou de Platée, et quon ny entend pas le